Le film de Christopher Murray est profondément attaché à la pampa désertique du nord du Chili. Par ses paysages poussiéreux et sa lumière, admirablement captés, et par ses habitants qui en sont les protagonistes, tous amateurs, sauf celui qui incarne le personnage principal. Il ne s'agit point d'un film sur la religion mais sur la foi et, plus largement, sur la part d'humanité qui reste en nous. Le Christ aveugle, sorte d'illuminé chilien, manifeste son désir d'être élu avec une grande conviction mais aussi une sorte de tranquillité douce qui l'accompagne dans ce film spirituel, dans tous les sens du terme. Le cheminement a beau être lent, il n'est pas fastidieux, entrecoupé qu'il est de petites histoires (vraies) qui lui donnent un certain rythme. Il y a quelque chose d'indéfinissable qui séduit (en partie) dans ce film chilien sans esbroufe ni surenchère narrative.