Emad et Rana,un jeune couple de Téhéran,sont contraints de fuir leur immeuble qui s'effondre et déménagent dans un autre quartier.Quelques jours après leur arrivée,Rana est agressée sous la douche par un mystérieux individu.Alors qu'elle est traumatisée,Emad entreprend d'enquêter afin de découvrir le coupable.Depuis quelques années,Asghar Farhadi est la nouvelle coqueluche dans le contexte trouble du cinéma iranien.Kiarostami est mort en 2016,Makhmalbaf n'a plus rien tourné depuis 2019 et Panahi a vu sa carrière ralentie par un séjour en taule,même s'il est revenu sur le devant de la scène en 2025 avec "Un simple accident",Palme d'Or à Cannes.Acclamé à l'international pour "Une séparation" et "Le passé",Farhadi a poursuivi sa moisson avec "Le client",Oscar 2017 du meilleur film étranger et titulaire en 2016 à Cannes du Prix du scénario pour Farhadi et du Prix d'interprétation masculine pour Shahab Hosseini.Quoi?On est sérieux,là?On parle bien de ce film?Hélas oui,il n'y a pas d'erreur,mais on sait que ce genre d'oeuvre emmerdifiante tiers-mondiste est apte à truster l'attention dans les festivals.Le réalisateur-scénariste est également coproducteur avec Arte,c'est tout dire.Du cinéma intello-bobo donc,propre à ravir la critique gaucho-progressiste toujours prompte à sauter sur tout film exotique pour peu qu'on s'y emmerde à cent sous de l'heure,et pour ça le ciné iranien est champion.C'est supposé être un thriller,mais visiblement on n'a pas en Orient la même notion du terme qu'en Occident.C'est lent,c'est mou,c'est vide,c'est sans intérêt et on s'ennuie comme des rats morts.C'est une coprod franco-iranienne et on se dit que nos décideurs sont bizarres.Ils financent pourtant assez de conneries françaises,pourquoi vouloir en plus y ajouter celles des étrangers?Non seulement c'est mal écrit,mais c'est aussi mal raconté,le script s'engluant dans une narration peu claire qui laisse régulièrement des questions à la discrétion des spectateurs.C'est également mal filmé,tant qu'à faire,pourquoi se priver?Farhadi semble être un adepte inconditionnel du plan serré et de la caméra portée,et son récit aléatoire peine à trouver un quelconque équilibre.Ce qu'on croit saisir est que l'agresseur est un client de la locataire précédente,qui est une pute.Concours de circonstance acrobatique par conséquent,il ignore qu'elle est partie,alors que Rana déverrouille la porte en pensant que c'est son mari qui rentre.Le hasard fait mal les choses en Iran,et les comportements n'y sont pas très rationnels.La fille refuse de porter plainte et le vicelard se barre à pied en abandonnant sur place sa camionnette,sans qu'on comprenne pourquoi.Au-delà de cette intrigue policière foutraque,il semblerait que la véritable intention de l'auteur soit de critiquer les autorités de son pays,ce que par chez nous on appelle plaisamment "le régime des mollahs".Oui,c'est du langage politiquement correct utilisé quand on ne veut pas froisser un peuple tout en essayant de condamner ses dirigeants.Ainsi on ne dit pas l'Allemagne quand on évoque la WW2,on dit "le régime hitlérien",et on ne dit pas la Russie,on dit "le régime de Poutine".On devrait à ce compte-là dire "le régime macroniste" plutôt que la France,après tout Hitler et Poutine ont été aussi bien élus que notre psychopathe de l'Elysée.Farhadi,lui,tente de condamner les mollahs,mais sans le dire trop fort parce que c'est risqué quand on est en Iran,même si on est mondialement connu et couvert de prix internationaux.Il procède donc par allusions qu'il croit fines.Rana ne veut pas aller chez les flics parce qu'elle ne se voit pas déballer ses histoires intimes devant des hommes,on est dans un état islamique où la tradition et la religion sont prégnants.Parallèlement,nos deux tourtereaux font partie d'une troupe théâtrale qui joue "Mort d'un commis-voyageur" d'Arthur Miller,et on apprend à un moment qu'une commission de censure surveille ce qui est dit sur scène et sanctionne éventuellement ce qui n'est pas conforme au dogme musulman.Ce qui est marrant est que nos gauchos nationaux sont scandalisés par ces méthodes des mollahs pas mollos alors qu'en réalité elles sont parfaitement normales dans un état musulman,où d'ailleurs les gens ont fait la révolution pour virer le Shah et mettre les religieux à la place.S'ils veulent à nouveau renverser le pouvoir,qu'ils le fassent,c'est leur problème et pas celui de l'Occident.A contrario,lorsqu'il s'agit d'importer la culture et la religion islamiques dans nos contrées chrétiennes,les mêmes gauchos trouvent ça génial et hurlent à la mort dès qu'on prétend limiter l'expansion du voile,du burkini,du halal,des horaires séparés dans les piscines ou la construction des mosquées.Pas très logique,tout ça,ce qui est mal en terre musulmane devient bien en terre chrétienne.L'autre axe du film est la dénonciation de l'esprit de vengeance.Prendre sa revanche,c'est pas beau,ce qui nous est démontré à travers la transformation du comportement d'Emad,à la base un gentil prof relax pétri de bons sentiments,qui va devenir une sorte de tortionnaire après avoir mis la main sur le pathétique agresseur de sa femme,dont on ne saura jamais au passage ce qu'il lui a exactement fait ou pas fait,ça fait partie du flou artistique du récit.Cette morale nous est longuement signifiée lors d'une interminable scène dopée aux plans-séquences qui n'en finit pas d'en finir.L'ensemble est parasité par des extraits des répétitions et de la représentation de la pièce,traitée en mode art moderne dans des décors à chier,ce qui augmente le taux tendanciel d'emmerdement maximum,d'autant qu'il s'agit d'une oeuvre déjà salement pénible en elle-même,Miller n'étant pas le plus passionnant des dramaturges.Du reste,il subsiste moins dans les mémoires pour son oeuvre que pour avoir été l'époux de Marylin Monroe.Au crédit du film,on peut concéder qu'il s'agit d'un instantané éclairant de l'ambiance de l'Iran actuel,ou du moins de sa capitale,ce qui n'est pas souvent évoqué au cinéma.Et puis ça permet de revoir la ville avant que les bombes américaines ne salopent tout.Dommage cependant que peu de décors soient utilisés et que la photo soit aussi moche et déprimante.L'interprétation est elle aussi médiocre,avec les acteurs hésitants et pas très charismatiques que sont Shahab Hosseini et Taraneh Allidousti.Cette dernière est une féministe qui l'a un peu trop ramenée et qui est désormais interdite de travail dans le showbiz.