The Lawnmower Man vaut peut-être pour le cauchemar numérique qu’il compose, nébuleuse pixélisée dans laquelle la matière humaine disparaît au profit d’une énergie pure, d’autant plus pure qu’elle reconduit la quête spirituelle d’un individu jusque-là rabaissé en raison de sa simplicité d’esprit. Brett Leonard s’empare des innovations alors en développement, les intègre à un récit sinon simpliste et des plus communs où un scientifique insipide (Pierce Brosnan) fait des expérimentations façon docteur Frankenstein avant d’être dépassé par sa créature. La linéarité du scénario contribue à le rendre prévisible, en témoignent les passages obligés érotiques toutes les quarante minutes environ visant à réveiller le spectateur, métaphore de la pelouse à l’appui. De plus, le film mélange mal la nouvelle originale de Stephen King, horrifique par nature, et le cadre de science-fiction façon 1984 (George Orwell, 1949) où un directeur déshumanisé apparaît en très gros plan sur écran géant, où le sous-fifre paraît artificiel tant il ne délivre aucune émotion, où les cobayes voient leur vie disparaître sans inquiéter personne. Une production aussi artificielle que la technologie représentée.