Livret d'opéra-bouffe parisien sur thème Provençal

Oh, combien on m'avait vanté ce film ! Alors, bien que son format Parigot néo-bourgeois éveillait fort ma suspicion, je m'y suis mis moi aussi -et pour faire plaisir à une personne de mes amis qui ne connaissait rien de l'histoire. Je dois dire que je n'avais en tête que cette vieille série TV vue dans l'enfance qui m'avait marqué, et qui était réalisée par Denys de la Patelière, père du réalisateur de ce dernier opus sur Monte Cristo. Une obsession familiale, peut-être ?

Question images, rien à dire : la photo est souvent de bonne qualité, les décors naturels et urbains remarquables, les plans bien faits et les lumières soignées. Mais c'est un des rares points forts du cinéma français contemporain et c'est grâce à ça que cette soupe parisienne sans sel parvient à lui faire attribuer la note de 4/10.

Les acteurs font grincer, en revanche. Aucune originalité de ton, des expressions majoritairement plates et/ou convenues : tout cela sent les artistes franchouilles bien formatés façon Cours Florent ou Comédie-Française. Peut-être auraient-ils pu être meilleurs, mais la direction d'acteurs serait alors la coupable de ce jeu trop fade de la troupe. Je préfère ne pas savoir, et ce n'est pas comme ça qu'ils vont remonter dans mon estime, ceux-là. Ce jeu sans intérêt qui pourrait s'appliquer à n'importe quelle représentation classique et fadasse du théâtre français du XVIIIème siècle est hélas aggravé par le fait qu'aucun des acteurs, même ceux qui sont censés jouer des gens du peuple, ne parle avec l'accent provençal. Faut-il rappeler à la réalisation qu'à l'époque de l'intrigue, 1815, l'écrasante majorité des enfants de la région avait le franco-provençal pour langue maternelle ?

Ce navrant détail nous amène au scénario, qui lui aussi bafoue le passionnant roman original d'Alexandre Dumas et Auguste Maquet. Qui plus est, en introduisant des éléments et en modifiant les protagonistes de manière complètement inutile à l'intrigue.

Enfin, cerise sur le gâteau, les illustrations musicales sont souvent trop puissantes et à côté de la plaque. Mais à quel BlockBuster d'action fantastique étaient-elles donc destinées avant d'échouer dans le Comte de Monte-Cristo 2024 ?

Je sens que je ne suis pas dans le ton de l'appréciation générale et de celle des médias qui ont chanté les louanges de ce film, donc je m'arrête là, mais je ne pouvais laisser un tel crime de falsification littéraire et artistique impuni !


Edonor
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le 14 mars 2025

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