Antoine est le garçon d'ascenseur d'une maison de couture. Il fait un petit héritage qu'il décide de dépenser en jouant les grands seigneurs pendant trois jours.
Georges Milton est un comique populaire qui n'a pas marqué le cinéma des années 30. Peut-être à cause d'une certaine froideur dans la physionomie ou bien parce que le tempérament de ses personnages -ceux que je connais du moins- sont un mélange pas très bien assorti de sottise et de roublardise, de jeux de mots et d'apartés à haute voix comme au boulevard.
A la suite de quelques incidents, Antoine passe pour le riche et fictif comte Obligado -où l'on apprend qu'il existait une station de métro parisienne du nom d'Obligado avant-guerre.
La comédie se veut une fable -très légère- où le liftier dédaigné Antoine prend sa revanche (sociale) en attirant à lui, incognito, des bourgeoises vénales et des investisseurs en panne de commandite, autant de figures médiocres croisés ordinairement dans les étages de la maison d'Amandine le couturier. Les turpitudes bourgeoises opposées aux valeurs populaires de simplicité, rien que de très convenu.
Le vaudeville ne vole pas haut ni ne mène très loin. On y entend des chansons rigolotes entonnées par Milton ou par Paulette Dubost, sa complice dans le film. On y entend le parvenu Obligado commander du champagne Johnny Walker et d'autres perles qui peuvent faire sourire. Mais les situations comiques restent malheureusement assez plates.