Septembre 1944 en Lorraine: le soldat Jules Ribourdoir saute sur une mine en se soulageant. Désignés, ses compagnons d'armes Aldo, Alphonse et Jean-Paul escortent jusqu'à Alençon le cercueil de leur copain tombé au champ d'honneur. Le camion de boucher du père Ribourdoir fera office de corbillard...
Roman acide sur certaines attitudes quelques mois avant la Libération, "Le Corbillard de Jules" est adapté par son auteur, Alphonse Boudard, à qui l'on devait l'année précédente "Le Chêne d'Allouville" réalisé également par le havrais Serge Pénard.
Film monté sur le duo Maccione/Perrin, acteurs alors bankables, on retrouve dans cette reconstitution soignée Henri Courseaux, Jean-Marc Thibault, André Pousse, Henri Guybet, Philippe Nicaud, François Dyrek et la douce Fanny Bastien à ses débuts...
Le constat est implacable: les privations font que tout le monde vendrait son âme au diable pour un jambon, même les bonnes sœurs.
Si l'entame du film est légère, on s'aperçoit progressivement que les profiteurs se gobergent pendant que les mecs intègres se battent ou mangent des rutabagas. Derrière l'humour trouffion grivois, ce périple en camion bâché dans une campagne brumeuse s'avère profond et amer...