Sauf Mark Whalberg et Brian Cox, tous les acteurs sont des habitués des films d'action asiatiques. On pense au réalisateur John Woo à cause de Chow Yun Fat qui fit à Hong Kong plusieurs fims avec lui mais la poursuite en voiture dans les rues encombrées de Manhattan autour de Canal Street rappelle plutôt celles des films de Ringo Lam, et elle tient la comparaison.
Il y a une émulation avec la virtuosité habituelle des cinéastes chinois, qui étonne de la part du réalisateur James Foley. D'habitude, il tourne plutôt sagement or ici ça virevolte, plonge et contre-plonge entre des mouvements de camera circulaires, et les nombreuses fusillades sont très bien chorégraphiées.
Le scénario aussi exploite une caractéristique des films d'action asiatiques : les conflits de loyauté qui se superposent et s'enchevêtrent, se contredisent et deviennent de plus en plus difficiles à concilier, mais c'est l'amitié entre hommes qui gagne à la fin, fut-elle tragique.
Dans les films d'action américains ou européens, la trame s'adresse plutôt à un autre facteur de déstabilisation psychologique du spectateur (qu'il recherche cependant, avec un masochisme constant), l'excitation paranoïaque commune, soit : du seul contre tous, des complots à tiroirs, des trahisons multiples, etc.
Chow Yun Fat fait un numéro grandiose de flic émérite, violent, sûr de lui mais avec plusieurs facettes tandis que Mark Whalberg nous étonne par un côté presque innocent, dans un de ses premiers grands rôles (un jeune flic propulsé en milieu inconnu - avec un plus qu'on ne spoilera pas). Tous les seconds rôles sont excellents.
PS : il donne envie d'aller revoir Un tueur pour cible, un autre film américain inspiré du polar chinois, dont mon souvenir lointain est qu'il fut décevant.