En ce milieu des années 90, le cinéma de John Woo connait une popularité internationale sans précédent. Le diptyque du « Syndicat du crime », « The Killer » ou « A toute épreuve »… Autant de films pour autant de succès, réveillant le polar d’action qui avait grand besoin d’un second souffle dans le paysage cinématographique mondial.
Sans surprise, Hollywood décide de débaucher l’acteur fétiche du réalisateur, Chow Yun Fat espérant profiter de la popularité grandissante de la star asiatique.
Après le sympathique « Un Tueur pour Cible » avec Mira Sorvino, il apparaitra donc dans un nouveau polar, « Le Corrupteur » aux côtés du « pas encore confirmé » Mark Wahlberg.
Un duo qui pouvait laisser craindre un mauvais buddy movie comme Hollywood sait les faire.
Heureusement, il n’en sera rien.
Au contraire, le réalisateur James Foley nous propose un vrai polar, pur et dur avec, en toile de fond, l’immigration clandestine, la guerre de gangs que se livre la communauté chinoise de New-York ou encore la corruption policière.
Un scénario riche qui ne néglige aucun de ses axes, réservant même son lot de surprises…mis en image sans artifice mais avec beaucoup de rythme.
A l’heure où tout est effet de style, influencé justement par un cinéma asiatique omniprésent de nos jours (Takashi Miike, Johnnie To ou bien sûr John Woo), Foley décide d’en prendre le contre pied et choisit un classicisme qui fait du bien aux yeux et aux oreilles, préférant se baser sur son duo excellent d’acteurs.
Entre méfiance, complicité naissante et trahison, le duo, bien dirigé, fonctionne à merveille.
Presque facile avec de tels grands acteurs
Pour les amateurs d’adrénaline, ne vous alarmez pas, le film réserve quant même, quelques scènes d’action particulièrement réussies, notamment une course poursuite des plus efficaces.
Sans atteindre le talent d’un James Gray, l’éclectique réalisateur du très bon « Comme un Chien Enragé » ou du nullissime « Who’s That Girl » nous livre assurément l’une des meilleures rencontres entre le néo policier asiatique et le polar US de la plus grande tradition de ces dernières années
Dommage que « Le Corrupteur » n’ai pas connu le grand succès escompté (le film étant à peine rentré dans ses frais grâce aux recettes mondiales) et qu’il soit tombé, depuis, dans un certain oubli.