Le Corset
7.7
Le Corset

Long-métrage d'animation de Louis Clichy (2026)

Un coup de cœur du Festival de Cannes 2026, sans hésiter ! Le Corset, c'est tout à la fois un style graphique épuré, joliment coloré à l'aquarelle, qui grave ses coups de crayons au fond de votre cœur (c'est ultra beau à voir), un retour nostalgique dans les campagnes de la fin du siècle dernier où les gamins n'ont pas le choix que de faire "comme Papa" et où pourtant ce dernier donnerait tout au monde pour que son fiston soit heureux en-dehors de ses propres choix de vie (qui d'autre a prévu de verser sa larme ? La porte est grande ouverte), une bourrasque d'émotions qui nous fait tantôt beaucoup rire, beaucoup émerveiller, beaucoup pleurer. Le Corset, c'est un moment suspendu de l'animation française. Louis Clichy n'en est pas à ses débuts dans l'animation, et ses Astérix lui auront d'ailleurs permis d'avoir Alexandre Astier en guest-star vocale appréciable, sans qu'elle ne recouvre l'excellence des deux "jeunes" (les deux frangins de l'histoire) à savoir Gary Clichy (fils du réal) et Rod Paradot (La Tête Haute, qu'on ne recommandera jamais assez). On adore ces moments poétiques où le gamin pète un câble dans sa vie assez compliquée, et envoie littéralement "le monde balader", ce qui se traduit par un écran penché à 90°, où tout l'univers du dessin tombe, s'effondre, essaie de se rattraper avec maladresse, une idée géniale. La BO old-school (Comme un ouragan et autres subtilités du siècle dernier qu'on ne connaît - nous aussi, on s'est identifié au gamin - qu'au travers du regard amoureux de nos parents) est un régal surtout lors des séquences où elle souligne toute la solidarité, la famille cachée dans ces personnages qui voudraient bien se faire la gueule, mais n'y arrivent pas. Vraiment, quand vous vous pointez à 8h du mat' à Cannes, crevé en fin de festoche, pour un film qui se révèlera finalement être votre rayon de soleil de la journée, qui vous marque le cœur de tous ses espoirs, son graphisme simpliste si poétique, ses fantaisies visuelles, ses personnages si bien doublés, son histoire si touchante et drôle quand il le faut, alors vous savez que vous venez de regarder un nouveau petit bijou de (l'excellente) animation française. Merci pour l'un des plus beaux moments de ce Cannes 2026.

Aude_L
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le 6 août 2026

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