Un film à charge et en même temps un film social qui ne laisse pas d’étonner au vu de son ancienneté : 1937 quand même ! ça ne nous rajeunit pas tout ça. A charge donc contre les salopards de pères qui abandonnent leur progéniture lâchement alors qu’ils n’étaient même pas encore fiancés mais apparemment amoureux (temporairement au moins) de leur dernière passade parisienne.
Social ensuite parce qu’il montre et démontre que la progéniture abandonnée ainsi que sa mère se retrouvent gros-Jean comme devant, surtout quand la mère vient à claquer -de quoi, on ne sait pas, le scénario a un trou- et que le rejeton a maille à partir avec le beau-père, un jean-foutre qui avait épousé la donzelle au désespoir mais qui n’a pas reconnu le moutard pour autant.
Le salopard en question, le vrai père -quoique plus lâche que salopard- poursuit sa grande carrière de procureur, puis doit faire face lorsqu’un caprice du destin le ramène devant ses responsabilités… Et là, dans le dernier quart ou tiers peut-être du film, lors d’un procès qui va s’annoncer mouvementé, ‘Le Coupable’ se lance dans de beaux discours aux accents cornéliens, nous faisant toucher du doigt le drame de l’abandon, du remords et des regrets.
Une belle fin donc, émouvante mais qui ne rattrape pas vraiment le reste du film, lent poussif et maladroit, perclus de longueurs endormissantes et d’une mise en scène d’une rare mollesse. La musique sirupeuse et violoneuse n’aide pas non plus le film, ni les voix incroyablement criardes de ces deux jolies blondes qui auraient dû rester dans le muet.
Le message en tout cas est passé mais comme dans tous ces films à message, le réalisateur s’embourbe trop souvent dans ce qu’il veut marteler et dénoncer. Il reste un film au thème intéressant et un Pierre Blanchar toujours excellent.