Récapitulons. En 2004, Claude Lelouch se lance dans une grande trilogie qu'il intitule Le Genre Humain (il ne se refuse rien) dont Les Parisiens serait le premier volet. L'accueil glacial par les critiques le pousse à offrir une séance gratuite aux spectateurs pour qu'ils puissent se faire leur propre opinion. Las. Le film sera un bide.
Plutôt que de remettre en question la qualité de ses films qui ne rencontrent plus le succès depuis Itinéraire d'un enfant gâté, de faire amende honorable, d'en tirer des leçons, Lelouch nous ressert un an plus tard Le Courage d'aimer qui est un mélange des scènes du premier film et de scènes inédites. En proportion, je dirais que c'est du cinquante/cinquante. Une méthode de margoulin. Pourquoi aller payer un an plus tard une place pour un film qu'on aurait déjà vu l'année précédente et qui s'était déjà planté au box-office ?
Autant reprendre les mêmes critiques que pour Les Parisiens. Ça chante beaucoup trop. Tout le temps. A tel point que ça peut donner envie de fusiller l'auteur des paroles du Bonheur c'est mieux que la vie (et ce fameux Philippe qui l'a dit). Maïwenn, telle qu'elle est présentée, n'est qu'une petite arriviste se servant de Massimo pour enregistrer ses propres disques et devenir une star avant de se traîner à ses pieds quand elle constate qu'il a plus de succès qu'elle. Logique. Elle ne sait pas chanter. Lelouch la fera se suicider. Chacun appréciera.
Lelouch, d'ailleurs, se met en scène lui-même. Avec tous ces personnages qui se croisent et s'entrecroisent, s'aiment et se déchirent, jugeant que la vie n'est déjà pas suffisamment compliquée, il décide de faire en plus un film sur Shaa (Maïwenn, donc) et Massimo. Tant est si bien qu'à la fin, je ne sais plus très bien s'ils jouent la comédie ou si c'est leur vraie vie qui défile à l'écran. Une chose est sûre. S'il sait très bien diriger ses acteurs, et c'est un point que je lui ai toujours reconnu, Lelouch joue mal et devrait rester derrière la caméra voire songer à prendre sa retraite.
Et je pourrais parler des apparitions surréalistes de Ticky Holgado au bord du tombeau en Dieu (ça aussi, c'est une de ses grandes marottes de faire intervenir Dieu ou le diable), de ces répliques sur l'amour, l'infidélité, le couple, la mort, la vie mais qui ne sont qu'un ramassis d'inepties et de lieux communs, et puis, au fond, les histoires de cœur et de fesses de tous ces bourgeois ne me touchent guère.
Reste le couple Leeb/Mathilde Seigner qui fonctionne bien et qui aurait même pu ou dû être le couple phare du film plutôt qu'un chanteur italien inconnu en France et une des ex de Besson.