Je devais avoir onze ou douze ans maximum quand j'ai découvert ce film. Je l'avais pris un peu au hasard au magasin de location de VHS du coin (ou à la médiathèque, je ne sais plus), l'histoire m'avait paru intéressante et mes parents semblaient clairement ravis du choix que j'avais fait. J'ai vite compris pourquoi et ce choix a été pour moi le début d'une grande histoire d'amour, non seulement avec ce film qui reste, aujourd'hui encore, l'un de mes préférés, mais aussi ma première rencontre avec mon cher Hercule Poirot.
Il n'y a pourtant rien d'exceptionnel sur le papier, une enquête policière assez classique, des personnages connus (en-tout-cas le principal) et une technique pas particulièrement travaillée (compliqué de faire des prouesses dans un huis clos) surtout dans les années 1970... Et en même temps, tout fonctionne d'une manière quasi parfaite à mes yeux. Le rythme n'est pas incroyable, mais il est en même temps si particulier qu'on ne décroche pas une seule seconde. Il est, bien évidemment, porté par l'énigme qui est particulièrement prenante (peut-être que le fait que ça soit mon premier Poirot m'a clairement marqué) et le casting est aujourd'hui encore assez époustouflant ; on pense, évidemment, à Lauren Bacall et Albert Finney, mais on pourra, quand même, noté les présences de Jean-Pierre Cassel, Anthony Perkins et le génialissime Sean Connery, tous jouant à la perfection. J'ai toujours adoré la conclusion, qui tient aussi bien évidemment à la qualité d'écriture d'Agatha Christie qui m'a totalement retourné à l'époque.
Un film qui m'aura profondément marqué, au point de le jouer cette année comme acteur au théâtre (dans le rôle de Poirot bien sûr) et que je revoie régulièrement comme un vieil ami que l'on retrouve, comme une rencontre qui reste suspendue dans le temps.