En 1792, la Révolution française a vaincu la monarchie. Louis XVI et sa famille sont arrêtés et emmenés au donjon de la Tour du Temple. Ils y resteront plusieurs mois.
« Après moi, le déluge », disait Louis XV. Se doutait-il que son petit-fils n’aurait pas l’étoffe de ceux qui siègent avec majesté sur un trône ? Sous le poids des prothèses, Guillaume Canet campe un roi mou, qui rappelle non sans humour un président français normal. Dans une tragédie en trois actes, Dieu est devenu un homme, un simple citoyen, demain mort. « Que se passe-t-il après », demande-t-il au bourreau, déjà plus de ce monde. De quoi exaspérer la reine plus lucide, humiliée par le traitement qui leur est offert et craignant pour ses chers enfants. Un périmètre cerné de cordes en plein milieu d’un couloir constituera leurs salon, salle à manger et chambre impudique, en attendant que les cellules soient prêtes.
La reconstitution semble sensée, librement inspirée des carnets de Cléry, valet de chambre fidèle jusque dans la captivité. Les décors italiens et costumes brillent. Mais que le rythme est lent, si solennel. En ce théâtre des vanités, l’ennui guette à chaque réplique déclamée comme sur une scène. Le ciel gronde. Allez viens, c’est bientôt la fin.
(6/10)
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