Le film du réalisateur italien Jodice est honnête. Son objectif était de décrire les derniers jours du couple royal à la Prison du Temple de 1792 jusqu'au départ de Louis Capet pour son exécution (21 janvier 1793). Voilà un pan de leur histoire qui a été très mis à l'image par le 7e art. Le scénario s'inspire du journal de Jean-Baptiste Cléry, valet du roi. Cela reste néanmoins comme beaucoup d'oeuvres du genre romancé en raison des libertés qui ont été prises.
Mélanie Laurent et Guillaume Canet se sont bien documenté sur leurs personnages chez les historiens afin de mieux s'imprégner pour leurs rôles. La transformation de Canet pour le rôle est saisissante (à énorme renfort de maquillage et de prothèses), l'acteur ressemblant aux portraits du roi de France. Cela a été plus simple pour Mélanie Laurent. Le reste de la distribution est anecdotique (Aurore Broutin, Tom Hudson, Fabrizio Rongione, Roxane Duran, ...) mais livre une performance convenable.
Les décors et costumes sont bons. En même temps l'effet huis-clos et théâtre filmé réduit les environnements à construire. Les effets spéciaux (le château) sont plutôt ratés. La musique habille correctement le métrage sans être mémorable. Les effets de lumières dans le contexte d'emprisonnement sont assez bien gérés.
Enfin le scénario du film est articulé en 3 chapitres : Les Dieux, Les Hommes et Les Morts. Il humanise le couple royal sans prendre parti pour un camp (royaliste ou républicain). Louis XVI et Marie-Antoinette forment juste un couple/une famille avec ses qualités et ses défauts. Ils assistent démunis à leur inexorable destin tout en s'interrogeant sur leur vie.
Mais le fait est que ce long-métrage est filmé de façon assez sommaire. Outre les qualités évoquées précédemment renouvelant un peu l'approche de la Révolution au cinéma, il manque un souffle dramatique.