Les grands points forts de ce film sont le maquillage de Guillaume Canet et, de façon générale, les costumes, sans extravagance, contrairement à ce qui nous est souvent donné à voir dans des films à teneur anti-aristocratique. Ce sont à peu près toutes les qualités que je reconnais à ce pensum ennuyeux au possible. Du pseudo-profond émaillé ici et là de réflexions intéressantes, mais trop éparses pour constituer une réflexion soutenue sur ce qui fonde les régimes, ce qui les rend légitimes à certains moments, illégitimes à d'autres, sur les notions d'égalité et sur celle de Bonheur des Peuples. Dommage.
Ce qui me choque en outre, c'est qu'on décrit ici Louis XVI comme une sorte de gros impotent, qui se laisse houspiller par Marie-Antoinette comme un petit garçon de 5 ans, se laisse battre par elle puis s'excuse ensuite d'être un mou pathologique. Ben voyons ! Je pensais pourtant que la personne de Louis XVI commençait à être mieux connue depuis une ou deux décennies. Loin d'être un roi flasque, c'était un roi porté au progrès. Le système métrique devenu mondial ? C'est lui. Pense-t-on qu'un Roi de France, et notamment un roi savant, se laisserait gifler par son épouse sans même lever la main pour protéger son propre visage ? Dans ce film, rien n'est d'ailleurs épargné au pauvre Louis XVI : on rappelle que Marie-Antoinette avait un amant, que ses enfants n'étaient potentiellement pas de lui, et l'on pose comme un fait historiquement avéré que la Reine se faisait bourriquer, quasiment sous son nez, par leur geôlier. À quelque chose malheur est bon : la disgrâce de Louis XVI se mue en "chance du cocu" en un claquement de doigt, une corbeille de fruits lui parvient de façon inespérée. Ben voyons, toujours...
Point qui me choque également et qui devrait en choquer plus d'un normalement : avez-vous constaté que ces dernières années, la France, ses inventions et son histoire semblaient être tombées dans le domaine public ? Ainsi donc nos amis anglais, italiens, étasuniens, japonais — tout le monde quoi — se permettent de produire des œuvres sur diverses tranches de l'histoire de France, en en profitant souvent au passage pour donner aux Français quelques traits bien ridicules, voire pour les dépeindre comme des niais et des veules, quand ce n'est pire. Le coup de pied de l'âne au vieux lion de la fable. Je rêve alors qu'un orthodontiste-prothésiste passe par là et équipe le vieux lion d'un bon dentier aux dents bien longues, bien pointues et bien acérées… attendant le prochain coup de pied, l'œil luisant à nouveau. On donne un coup de pied à un lion, pas à un requin.