Véritable drame plastique que nous présente Michelangelo Antonioni à travers son film " Desorto Rosso". Il se fait poète de l'allusion et de l’intériorité. Une intériorité qui se manifeste cependant et va se loger dans tous les détails de l'image, dans une pure séduction chromatique. La ville de Ravenne, est dès lors transformée en oeuvre cubiste, aux aplats sans perspective, aux compositions non figuratives. Le personnage de Giuliana démontre parfaitement cette aliénation, cette perdition dans un monde qui connait le progrès industriel. Ce monde dont a peur le personnage, Antonioni ne l'explique pas mais le met en évidence de manière formelle. Cette chromatisation est donc fondamentale dans le film, elle ne sert ni à des fins psychologiques, ni dramatiques, ni symboliques, ni picturales, mais elle est sensitive. L'auteur réalise une oeuvre abstraite, rejetant toute forme de réflexion, mais transfigurant la perception ( la technicolor accentue cela ). On atteint un irrationalisme de la vision, et en cela on comprend l'influence de Matisse sur le réalisateur originaire de Ferrare, qui déclarait "ne pas peindre les choses, mais ce qu'il y a entre les choses". Il devient le peintre de l'interstice, le peintre de la sensation poétique. Cette rythmique des couleurs servirait donc à appréhender un nouveau langage dans notre monde, une sorte de communication esthétique.
lenys
10
Écrit par

Créée

le 29 janv. 2015

Critique lue 342 fois

lenys

Écrit par

Critique lue 342 fois

3

D'autres avis sur Le Désert rouge

Le Désert rouge

Le Désert rouge

10

Tystnaden

92 critiques

Poésie ardente

Le Désert rouge est un léger tournant dans la carrière brillante du cinéaste Michelangelo Antonioni. Si cette petite révolution s'effectue par l'apparition d'une nouveauté tout de même notable : la...

le 23 janv. 2021

Le Désert rouge

Le Désert rouge

7

Boubakar

6758 critiques

Descente aux enfers

Dans une ville portuaire du nord de l'Italie, une femme se sent délaissée par son mari, un industriel très occupé, la laissant seule avec son fils. Peu à peu, elle va se rapprocher d'un de ses...

le 10 juil. 2022

Le Désert rouge

Le Désert rouge

7

Morrinson

2178 critiques

Dans la brume imprégnée de rouille

Le passage à la couleur chez Antonioni (après 20 années de noir et blanc) se fait dans une grisaille épaisse — continuité presque parfaite avec celle qui envahissait l'univers de An Elephant Sitting...

le 14 juin 2019

Du même critique

Le Désert rouge

Le Désert rouge

10

lenys

7 critiques

Critique de Le Désert rouge par lenys

Véritable drame plastique que nous présente Michelangelo Antonioni à travers son film " Desorto Rosso". Il se fait poète de l'allusion et de l’intériorité. Une intériorité qui se manifeste cependant...

le 29 janv. 2015

Jauja

Jauja

8

lenys

7 critiques

Critique de Jauja par lenys

Dans son film, Lisandro Alonso nous emmène en Patagonie, sur des terres ancestrales, à la découverte du mythe de « Jauja », lieu imprégné d'un certain mysticisme cher au cinéaste. En effet, cette...

le 2 juil. 2015

Love

Love

7

lenys

7 critiques

Critique de Love par lenys

"Love" est un véritable film trip, une longue exploration du sentiment amoureux dans ce qu'il a de plus tortueux, de plus maladif. L'idée de CONFLIT, de séparation semble resurgir au plus profond de...

le 20 juil. 2015