Une sacrée réussite, portée par un Benjamin Lavernhe endiablé qui porte le film de bout en bout sans sembler forcer : il est excellent, en victime toute trouvée. L'humour fuse de toutes parts, on reconnait bien nos propres repas de famille gênants et interminables, nos fiestas qui dégénèrent à la chenille "qui redémarre" (on a l'impression que l'on est tous allés aux mêmes soirées... Non ?), les parents beaufs qui sont quand même attachants sur les bords, la frangine qu'on envie et qu'on aime détester en même temps... Non, vraiment, vous êtes sûrs que Fabcaro, l'auteur du roman original, ne s'est pas incrusté dans nos familles ? Tout sonne si vrai, si "vécu", qu'on n'a pas arrêté de rire aux éclats, on valide tout l'humour de A à Z. La mise en scène est aussi un petit prodige en soit : les scènes d'aparté dans lesquelles Adrien nous parle directement, où les autres acteurs se figent sur place (et doivent tenir la pose, ce qui n'est pas facile !), les murs qui tombent, les délires qui prennent vie... On est bien d'accord avec l'auteur (présent en ce Festival de cinéma d'Alès) quand il dit que le cinéaste a su trouver la bonne mise en image pour son roman pourtant inadaptable, un exploit d'inventivité. Et comment oublier le meilleur : la prestation de Benjamin Lavernhe, certainement sa meilleure, qui nous livre un personnage très attachant, dans lequel on se reconnait en une seconde et demi (et encore, si l'on est lent...), et incroyablement drôle. On n'avait pas autant rigolé pour une comédie française depuis un moment, l'inventivité folle de la mise en scène, l'humour qui sent le vécu à cent mètres pour nous tous et le jeu brillant de Lavernhe ont fait basculer la balance au point de la fracasser au sol. Contrairement à la queue-leu-leu, ici on s'est vraiment éclaté.