Tabi or not tabi. La production de ces chaussettes traditionnelles japonaises est une affaire de famille depuis longtemps, dans le film d'Ichikawa, placée sous l'autorité exigeante de deux femmes, la grand-mère et la mère d'un garçon d'une vingtaine d'années dont la mission est de trouver une femme capable de lui donner une fille, pour poursuivre l'œuvre matriarcale. Le cinéaste pose un regard très narquois sur cet homme sous influence qui mène néanmoins sa vie privée à sa guise avec plusieurs concubines. Se déroulant pendant presque toute la première moitié du XXe siècle, Le fils de famille ménage de très larges ellipses, parfois difficiles à comprendre pour un public occidental, mais possède néanmoins une agréable fluidité et bénéficie de la science de la mise en scène d'Ichikawa et d'une interprétation très solide où la splendeur d'Ayko Wakao trouve sa place naturellement.