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Fils indigne?
Moyen. Ce film n'apporte pas beaucoup aux deux précédentes versions du mythe, mais se laisse tout de même voir, notamment grâce à l'interprétation d'excellents acteurs de l'époque et un humour noir...
le 30 oct. 2017
Quatre ans après « La fiancée de Frankenstein », Universal lance la suite avec « Le fils de Frankenstein ». James Whale n'est pas disponible en tant que réalisateur, le studio décide donc de confier la tâche à Rowland V. Lee. Le fils du Dr Frankenstein, Wolf (Basil Rathbone), hérite de la demeure de son père et arrive dans le village qui porte de nom de sa famille, avec sa femme et son fils pour s’y installer. L’accueil qu’il reçoit de la population locale est glaciale, les souvenirs de ce que le Docteur avait déclenché avec ses expériences ne sont pas si loin. C’est dans cette maison qu’il rencontre Igor (Bela Lugosi), qui a survécu à sa pendaison et ce dernier lui montre dans le caveau familial le corps endormi du Monstre (Boris Karloff). N’hésitant pas longtemps, Frankenstein décide de le réveiller avec un courant électrique dans le vieux laboratoire de son père…Ce film est un petit cran en dessous les deux précédents mais bénéficie de nombreux atouts. D’abord le casting, impeccable, un vrai plaisir de retrouver Karloff pour la 3e et dernière fois dans le rôle du Monstre. Il ne parle plus mais se contente de grogner, voire crier et réussit à être extrêmement expressif. Le fils de Frankenstein est joué par le grand Basil Rathbone, un médecin qui semble rationnel à son arrivée mais dont la découverte du Monstre va le faire sombrer dans la folie. Réveiller la créature de son père serait une manière de laver le nom de sa famille et l’affront qui lui a été fait. Le fils finit par être encore plus retors que son père, mentant sur ses recherches à sa femme, à la police, prêt à tout pour arriver à son objectif : prendre le contrôle de la créature.
Enfin, dans ce trio central, Igor est à nouveau joué par un Bela Lugosi méconnaissable, tordu avec longue barbe et chicots terrifiants dans la bouche. Celui-ci semble s’amuser comme un gamin dans le rôle de cet homme diabolique à qui le Monstre obéit. En poussant le Dr à le réveiller, Igor souhaite achever sa vengeance : le Monstre tue pour lui les hommes qui l’avaient condamné à la pendaison. Une créature qui n’a jamais demandé à vivre et qui tue car elle ne connait rien d’autre. Elle reste très ambiguë : le Monstre devient ami avec l’enfant de Frankenstein, symbole d’innocence, qui voit en lui un gentil «géant » mais il n’hésitera pas à l’enlever pour venger la mort d’Igor. En 1939, Rathbone retrouvera Boris Karloff et Vincent Price dans "La Tour de Londres". Ne pas oublier l'inspecteur Krogh, interprété magistralement par Lionel Atwill. Ce policier est doté d’une prothèse au bras car il avait été arraché par le Monstre. En dehors du casting, l’ambiance du film est parfaitement rendue avec des décors gothiques à souhait (superbes) et des éclairages élaborés qui rappellent l’influence de l’expressionnisme allemand. Même si on peut regretter l’absence de James Whale, Rowland V. Lee nous offre un bon cru qui complète bien cette trilogie. Le scénario manque par contre de consistance en reprenant beaucoup d’éléments des épisodes précédents (le réveil par l’électricité, la science sans éthique…), en oubliant le côté poétique qu’on pouvait y trouver (quand le Monstre devenait sensible à la nature, à l’art dans le 1er film). Tout un pan du cinéma fantastique. Les films suivants de la série seront bien moins convaincants malheureusement.
Créée
le 29 juin 2026
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