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le 20 nov. 2015
LE FILS DE SAUL (2015) de Laszlo Nemes
Un drame historique puissant évoquant le destin tragique de Saul Ausländer, un Sonderkommando (prisonnier forcé à participer au processus de la machine de mort) travaillant au camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau.
Pour son premier film Laszlo Nemes réalise un coup de maître, s'inspirant de témoignages des survivants du livre "Voix sous la cendre". Le metteur en scène nous amène au cœur de l'enfer dans un format 1:37 inhabituel, nous agrippe dès la première image pour ne plus nous lâcher, offre une ouverture admirable avec un redoutable plan séquence qui nous saisi d'effroi.
Le cinéaste livre une mise en scène virtuose d'une maîtrise incroyable (on reste au côté du "héros" tout le film), nous montrant uniquement son point de vue. Laszlo Nemès livre une narration très stricte qui dissèque froidement l'horreur du quotidien et la rationalité de la solution finale. Comme Saul nous restons hagards devant l'innommable. Ce saisissant film concept monumental évite le voyeurisme car le tour de force est de ne pas montrer l'ignominie en face, elle se voit en flou où se trouve hors-champ, ce qui laisse au spectateur la puissance de l'évocation à l'aide du bande sonore prodigieuse absolument terrifiante (cris, pleurs, bruits industriels...). La mort est partout, on assiste aux aspects ignobles du génocide et les tâches quotidiennes d'un Sonderkommando (diriger la foule vers les douches ou les crématoriums, trier le linge, ramassage des objets, creuser les fosses...) et on est témoin de l'expérimentation médicale, de l'organisation sociale du massacre, des humiliations des nazis, du pillage des morts, la mise en place patiente et désespérée de la résistance, rarement un film aura toucher du doigt si près l'ignoble mais avec une pudeur salutaire. Une fiction dérangeante, redoutable, sidérante en forme d'aller simple pour l'enfer qui montre cet homme (remarquable Géza Röhrig effarant de placidité) , ni résistant, ni remarquable, comme sonné de questions morales sans réponse, voulant juste pour trouver une certaine rédemption accomplir un acte humain (donner une cérémonie religieuse à "son" enfant) pour survivre et retrouver de l'humanité.
Une œuvre impressionnante dans sa reconstitution mais peut être un peu trop procédurale pour nous chavirer d'émotions, elle reste sourde en nous, nous noue, nous taraude, mais reste glacé à l'intérieur, n'ayant pas le bouleversement viscéral attendu. Néanmoins un choc sans compromis sur l'Holocauste qui comptera dans l'histoire du cinéma en posant un regard nouveau et intelligent sur la barbarie et réussissant brillamment la gageure (comment montrer la Shoah?).
Venez appréhender l'Histoire et découvrez "Le fils de Saul".
Rigoureux. Oppressant. Indispensable. Magistral.
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Créée
le 22 sept. 2016
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