Le frisson des vampires (1970)
Le frisson des vampires est le 3ème film de Jean Rollin. Le cinéaste se fait encore davantage photographe et poète, dans une intrigue moins dispersée que les deux précédentes. Peu de personnages, un seul lieu (un château), une histoire qui tourne autour de deux frères, anciens chasseurs de vampire, devenus vampires à leur tour suite à un malencontreux accident, comme ils le racontent. Leur jeune cousine, tout juste mariée, leur rend visite. Hélas deux servantes restées au château lui apprennent la tragique disparation des deux cousins. Mais, ont-ils vraiment disparu ? En optant pour un scénario non alambiqué, Rollin nous emmène vers un champ romantique, prend le temps de nous offrir des plans-séquences vertigineux puisés parfois dans les images de Dreyer. Ils nous proposent aussi des scènes-cultes (les livres tombant seuls de la bibliothèque, l’ultime scène sur la plage, la toute première filmée en noir-et-blanc) et des travellings sublimes. Les acteurs sont également plus valorisés dans leur expression scénique : les deux frères interprétés par Michel Delahaye et Jacques Robiolles excellent d’ambiguïté et de mystères. Une guitare électro-pop berce cette fable lunaire et cruelle. Rollin semble ne jamais s’épuiser de ses vampires, pas plus qu’il ne lasse ses spectateurs qui continuent de goûter à ses mets cinq étoiles.
Tous mes articles sur les films de Jean Rollin sont à retrouver sur mon blog : https://ph-vender.over-blog.com/2025/08/jean-rollin-un-genie-incompris.html