Les années 90 virent naître toute une flopée de films de traque (Cliffhanger ou Dans la Ligne de Mire la même année que Le Fugitif). Des principes de base sont installés : un homme, de préférence flic ou ancien flic, téméraire, borné, et incarné par un acteur américain précédé d'une certaine réputation, traque et/ou est traqué par des antagonistes et/ou les autorités, et s'en suivent maintes courses-poursuites entrecoupées de moments d'enquête. En cela, Le Fugitif ne déroge pas vraiment à la règle, il est tout ce qu'on peut attendre d'un film du genre.
Si l'histoire de base du film est vraiment très simple (un homme accusé injustement du meurtre de sa femme), le dénouement complexifie la trame. Des intrigues médico-politiques sont liées à ce meurtre, beaucoup d'antagonistes entre en ligne de compte, et j'ai fini par perdre un peu le fil. Heureusement, le fond des intrigues n'est pas essentiel.
Malgré son dénouement et sa longueur légèrement trop importante, Le Fugitif se regarde tout de même très bien grâce à ses scènes d'actions. La traque ne cesse jamais, que ce soit les flics qui cherchent Harrison Ford, ou bien Harrison Ford qui cherche le meurtrier, tout se passe dans un temps relativement restreint pour accentuer le sentiment d'urgence. Les courses-poursuites sont également variées : voiture, égouts, dans le métro, dans un immeuble... Rien de bien nouveau, mais tout fonctionne.
Il ne resterait alors que des bons personnages. Et de ce côté-là, on a du bon et du moins bon : le personnage de Harrison Ford est trop parfait, le stéréotype du bon gars définitivement pourvu de bonnes mœurs, du héros irréprochable, et sonne un peu faux malgré une interprétation en soi très correcte, basique. Le personnage n'est attachant que par son statut de veuf incriminé. Cependant, Tommy Lee Jones est vraiment impeccable en tant que flic bouledogue infatigable.
Le Fugitif est en soi un bon film d'action, divertissant, avec de bons acteurs et des courses-poursuites réussies. Je lui ferai finalement le même reproche qu'à Dans La Ligne de Mire, sorti le mois suivant : il ne se démarque pas suffisamment du genre auquel il appartient.