Sur un sujet proche du cinéma de Claude Zidi, puisqu’attaché à un milieu socioprofessionnel ouvert sur divers déplacements et péripéties attenantes, Le Garde du corps échoue à dire quoi que ce soit du monde de l’agence matrimoniale, réduit la caractérisation de ses personnages principaux à un ensemble de stéréotypes empêchant notre attachement, refuse toute singularité de ton par souci d’appliquer une rythmique développée, entre autres, par les membres du Splendid ainsi que par le cinéaste Jean-Marie Poiré – par exemple, l’écriture comique achevant chaque scène sur un acmé brutalement interrompu. Les intentions écrasent l’authenticité des situations vécues à Paris comme au Maroc alors que celle-ci constituait le cœur des comédies dramatiques de Patrice Leconte, à savoir cet équilibre trouvé entre la drôlerie et la compassion éprouvée face au malheur d’autrui : les variations autour de la figure de Barbe bleue ne font jamais sens et demeurent pur prétexte au développement d’un discours amoureux reprenant en échos imparfaits des discours tenus ailleurs, sans personnalité aucune. Les comédiens font ce qu’ils peuvent et assurent un semblant de spectacle. Pour le reste…