Le Géant égoïste par Tulipe
Arbor est un gamin impulsif, révolté, inconscient du danger, toujours en mouvement, « intenable ». Il crie plus qu'il ne parle, et a un langage des plus fleuris. Il grandit sans repères dans une grise banlieue anglaise, auprès d’une mère dépassée et d’un frère drogué. Provocateur et bagarreur, Il est viré de l’école et erre à la recherche de combines pour se faire un peu d’argent. Il y entraîne son seul ami, un brave gamin rondouillard mais effacé, amoureux des chevaux, qui grandit dans une famille nombreuse harcelée par les huissiers. Livrés à eux-mêmes et au manque de scrupules de certains adultes, ils franchissent une limite après l’autre, sans freins. Et les choses dérapent.
Dans la veine de K Loach, un film bien sombre sur les laissés-pour-compte de la société anglaise qui se borne à envoyer des amendes en cas d’absentéisme scolaire et à virer un gamin sans aucune aide à la réinsertion scolaire. Il pleut sans discontinuer, les gosses grandissent comme des chiots,mangent à même le sol, dans des maisons et des vêtements en ruine.
Seules lueurs d’espoir dans ce monde-là : l’amitié qui unit les deux gamins, la présence réconfortante des chevaux et d’une belle nature.
Un film coup de poing, magistralement interprété par des acteurs tellement naturels qu’on a l’impression qu’ils ne jouent pas un rôle, qu’on regarde un documentaire.
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