Déroutant et absolument captivant, l’adaptation du Golem par Szulkin s’avère être une sorte de mise en scène d’un rêve dénué de sens, où la condition humaine se voit disséquée, puis de nouveau assemblée dans un seul et unique but, approcher l’idéal ou un idéal sous contrôle.
Une fois n’est pas coutume, Szulkin n’hésite pas à critiquer avec fermeté le pays et le gouvernement dans lequel il vit, ou plutôt dans lequel il se retrouve comme jugé et ostracisé. Ici, le Golem, à l’apparence étonnamment humaine, et à la recherche de sa place, finit par devenir la victime de ses créateurs, libre ou non, conditionné ou non, condamné, oui sans aucun doute.
Peut-être est-elle là la réelle énigme d’une société voulant façonner à sa façon, l’âme et la condition, qui finit indirectement par offrir au peuple l’humanité ou une forme d’humanité, et ce qui en découle, la curiosité et les plaisirs, la réflexion et la conscience, la liberté d’être. Golem, tribunal kafkaïen absurde et chaotique, démontre l’incapacité des dominateurs et tyrans à priver un peuple de son éveil spirituel.