Le Jour le plus long tente une reconstitution (en 1962) qui se veut complète et détaillée du débarquement allié à la fin de la seconde guerre mondiale.
Comme introduit par mon titre, le film alterne des parties documentaire (avec un suivi des évènements parfois décrit à la minute près), des fusillades/combats efficaces (mais peu réalistes) mais aussi des moments comiques qui parfois dénotent.
Par exemple, le film nous présente un bon franchouillard qui se ramène sur la plage avec une bouteille de champagne pour trinquer avec les soldats qui viennent presque de débarquer ; il ajoute même "heu il n'y en aura peut-être pas pour tout le monde...."
Le compromis documentaire/action mais avec de l'humour (Bourvil au casting) fonctionne ainsi parfois assez mal.
L'aspect documentaire est fortement impacté par le fait que tout le monde parle français dans le film (les américains comme les allemands) ; forcément l'aspect réaliste en prend un coup et puisqu'il fallait manifestement ajouter un peu d'humour :
Des allemands tentent de se rendre et, pour la première et unique fois, ils se mettent à parler en allemand et disent : "Bitte, Bitte" (pour la cohérence linguistique globale on repassera) et celui qui leur tire quand même dessus sort ensuite la petite blague qui va bien : "Ca veut dire quoi Bitte" ? Donc pour faire une blague, les Allemands se remettent à parler Allemand mais l'américain qui ne comprend pas l'allemand parle lui bien toujours en français...
Sur la question du rythme et de la longueur du film, on est sur les standards d'une grosse production du début des années 60 ; donc c'est très long (près de trois heures) et il y a de très nombreuses scènes inutiles ou comportant des longueurs (en particulier la fin du film qui est, il faut le dire, assez ratée). Un spectateur habitué aux productions récentes aura du mal à ne pas décrocher.
Le film a quand même pour lui une très bonne montée en tension ; le silence avant la tempête est, ni trop long, ni trop court. L'évènement que tout le monde attend est parfaitement amené et mis en scène.
C'est en somme le cœur du film qui fait qu'il reste mémorable ; pendant environ une demi-heure tout est parfait et il faut le dire : seul Steven Spielberg osera, après ce film, refilmer le débarquement en Normandie. C'est dire si en 1962, les réalisateurs avaient placer la barre haut. Tout le reste (près de deux heures trente....) est totalement dispensable.
En synthèse : un film ambitieux, bien réalisé (juste avant, pendant et juste après le débarquement) mais au sens de l'humour et au rythme daté