Je dois dire que j'avais entendu pas mal de critiques négatives à propos de ce film, qui se sont avérées être fausses pour la plupart. Encore une fois, Scorsese et DiCaprio nous servent un film magistral, linéaire, brut, d'une véracité cinématographique surprenante.
(Attention, spoilers!) Le film retrace en fait une partie de la vie de Jordan Belfort, courtier et escroc notoire qui a sévit à New-York dans les années 1980 avant d'être arrêté par le FBI et mis sous les verrous pour plusieurs années.
On retrouve Léo dans le rôle principal, qui m'a particulièrement étonnée par son jeu d'acteur. Encore une fois, on lui redécouvre cette excellente capacité qu'il a à se glisser dans la peau des personnages qu'il interprète avec une facilité et une limpidité déroutantes. Il y a bien évidemment ce charisme fou qui, allié à ses talents d'acteur, nous offre une interprétation réellement brillante de Jordan Belfort. J'imagine que je pourrais m'étendre longtemps là-dessus, aussi vais-je abréger pour vous parler de la forme que prend ce biopic : en fait, c'est Belfort lui-même qui raconte son histoire, mais avec le plus d'objectivité possible, et c'est toute la force du film : à aucun moment il ne prend parti pour quel que sujet que ce soit - et ils sont nombreux à être abordés en trois heures, croyez-moi.
De manière globale, à mon sens, le sujet principal porte sur les addictions. Addictions à la drogue, à l'alcool, au sexe, à l'argent... Les exemples sont nombreux. Le tour de force de ce film est de permettre au spectateur, sans parti pris, de montrer la déchéance de l'individu et son isolément, sa vulnérabilité et ses points faibles. Je ne pense pas qu'on puisse parler de film anticapitaliste mais pour autant, cette pellicule fait clairement réfléchir sur la question : obsession de l'argent, du pouvoir, du contrôle... Obsession du paraître aussi.
J'ai trouvé que DiCaprio avait effectué une prestation à la hauteur d'Aviator, et qu'on retrouve quelques éléments d'Attrape-moi si tu peux, Tom Hanks en moins. D'ailleurs, à bien y réfléchir, le sujet est plus poussé, plus réfléchi et mieux exploité, bref, il a pris en maturité en passant par la case Scorsese. Trois heures de film durant lesquelles on ne s'ennuie pas une seconde, et qui amènent pour autant à une réflexion poussée sur le matérialisme qui gangrène la société au détriment de l'individu : une belle réussite.