Lee H. Katzin investit le circuit du Mans au moment des 24 Heures de 1970. Il plonge le spectateur dans l'ambiance d'un Grand Prix et, parce que le scénario ne développe pas d'intrigue, au-delà d'une très accessoire rivalité sportive entre une poignée de pilotes, le film n'est rien moins qu'un documentaire sur et autour du circuit. Quasiment sans dialogues (le premier intervient après plus d'une demi-heure), le film laisse le soin au haut-parleur et au commentateur officiel de diffuser les données de la course.
Steve McQueen est la vedette du film mais il se contente de faire une pige au long d'apparitions épisodiques dans les coulisses ou dans sa Porsche. Le héros, ce n'est pas lui (d'ailleurs,
il ne sera pas le vainqueur des 24 heures,
ce qui souligne la singularité d'un film qui n'est pas l'épopée sportive attendue). A l'instar de Steve McQueen, les autres comédiens ne composent que des bribes de personnages sans intérêt.
C'est donc Le Mans qui est au coeur du sujet et sans doute cette immixtion dans le mythe des 24 Heures, avec ses points de vue inédits et ses plans plus sophistiqués qu'une retransmission télévisuelle ordinaire, ravira l'amateur, mais sans doute que l'amateur. Car la sobriété et le dépouillement du récit a son revers: les images de la course, en l'absence de toute dramatisation ou de suspense sportif, ne constituent pas un spectacle très emballant, comme si les bolides tournaient à vide.