Pour l'instant je n'ai pas vu grand chose de Sophie Letourneur, mais j'aime bien le fait de m'être retrouvé face à des films très différents les uns des autres. Le marin masqué ne fait pas exception à cette règle et j'ai adoré cette démarche qu'a la réalisatrice de retrouver un peu de vrai à travers tout ce qu'il y a de plus faux.
En effet, formellement, Le marin masqué est un film très particulier. C'est du noir et blanc avec des cadres assez resserrés puisque l'image subit un genre de vignettage (il me semble que c'est le bon terme mais je peux me tromper) et surtout il n'y a aucun son direct.
Tout est fait en post-synchro, ce qui permet non seulement aux dialogues de ressortir de façon étrange, mais c'est aussi le cas de la musique (avec le sublime Words Don't Come Easy to Me) et des quelques bruitages présents dans le film. C'est un road-trip en bagnole sans bruit de moteur et ça aurait pu sonner faux, tomber à côté. Or il n'en est rien car tous ces dialogues et ce regard derrière la caméra, même joués de cette manière et post-synchronisés, font vrai.
Ce court-métrage fait tout simplement du bien, c'est ensoleillé et parfois mélancolique alors qu'il n'y a pas de soleil et qu'on ne voit pas grand chose lors des scènes nocturnes qui ont lieu dans un bar.