Une version de Zorro que je n'avais pas goûtée plus que ça lors de sa sortie en salles, je lui trouvais un manque de panache par rapport à la série télé de Disney qui était ma référence. Ce revisionnage m'a permis de reconsidérer les nombreuses qualités du film et de mieux l'apprécier. Martin Campbell maîtrise admirablement sa mise en scène, ses chorégraphies de duels sont aussi spectaculaires que burlesques et il réussit à instiller de l'émotion au milieu de tout ça en dirigeant subtilement Anthony Hopkins. Il tire aussi remarquablement parti du glamour émanant du couple vedette en jouant de leur charme et de leur sensualité palpable, la danse torride entre Banderas et Catherine Zeta-Jones et leur duel dans l'écurie en sont les points d'orgue.
Campbell est aidé dans sa tâche par un James Horner inspiré qui confère à l'ensemble une ambiance latine enivrante, à l'instar de la photographie ambrée qui fait ressembler certains plans à des tableaux d'époque. L'excellent casting participe pour beaucoup de la réussite du projet : Banderas au sommet de sa carrière était tout désigné pour le rôle, Anthony Hopkins signe sans doute la meilleure performance en vieil hidalgo déchu, la magnifique Catherine Zeta-Jones illumine l'écran à chaque apparition et joue parfaitement la fille à papa au tempérament espiègle. Côté méchants Stuart Wilson incarne le politicien machiavélique avec prestance, et Matt Letscher, alias le mal nommé capitaine Love, joue son âme damnée avec le sadisme adéquat. Quant au maigrelet et méconnaissable sergent Garcia il m'a fallu ce revisionnage pour comprendre qui il était tellement son apparence est éloignée de l'obésité caractéristique du personnage de la sérié télé, nul doute que ceci fasse partie des nombreuses touches d'ironie qui ponctuent le film.
Bref, cette version plus dramatique de Zorro permet de donner davantage de profondeur aux personnages en proposant une relecture du mythe intéressante et de bonne facture.