Après avoir relancé l'agent secret britannique James Bond en réalisant l’excellent Goldeneye trois avant, le réalisateur Martin Campbell fait preuve de la même prouesse technique en mettant en œuvre l'un des meilleurs films de cape et d'épée que je n'ai jamais vus de toute ma vie avec le célèbre justicier Zorro, la fameuse et légendaire fine lame de la Californie se battant contre l'injustice. Un cavalier vêtu de noir et gravant des z là où il intervient. Un escrimeur très bien mis en contexte dans un long-métrage doté d'un scénario qui lui fait honneur. Pour résumer l'histoire, il s'agit d'un pitch mettant en avant Don Diego de la Vega, l'homme incarnant le justicier, qui perd sa femme et voit sa fille, Elena, se faire enlever par le cruel gouverneur espagnol Montero suite à la visite de ce dernier dans la demeure du premier. Vingt ans après, Don Diego revient en Californie après avoir été incarcéré dans une ignoble prison pour trucider Montero mais renonce à son geste en constatant sa fille qui est devenue une belle femme.
Entre-temps, le bandit Alejandro Murrieta voit son frère se faire tuer par le sadique capitaine de l'armée mexicaine Harrison Love. Comme Don Diego, il veut accomplir une vengeance. Don et Alejandro se rencontrent dans un bar et le premier propose au second de le former afin qu'Alejandro devient le nouveau Zorro. Ces deux hommes vont s’entraider pour à la fois assouvir leurs vengeances et contrecarrer un projet infâme et mené par Montero et le capitaine Love . Ces mots définissent un scénario prodigieux car il ne met pas en avant un Zorro mais deux dans le film. Le premier est incarné par Anthony Hopkins qui a beaucoup de charme à vendre et il le fait remarquablement bien. Le second est campé par le jeune et convaincant Antonio Banderas qui affiche une gueule de rebelle sans la moindre imperfection. Face à ces deux derniers, on trouve Stuart Wilson et Matt Letscher jouant excellent les méchants du film. Et dans ce milieu viril, on tombe littéralement sous le charme de la magnifique Catherine Zeta-Jones.
En plus de la présence d'acteurs au top de leurs performances, Martin Campbell produit ce long-métrage avec une manière judicieuse de raconter l'histoire. Les scènes se défilent en toute fluidité avec une valeur morale et sincère sur les agissements de chaque personnage. Ce n'est pas du genre on se précipite pour commettre des malheurs ou des actions, il y a un temps juste en réflexion, en agissement, en préparation et en entraînement. Ce qui peut paraître frustrant quand on connaît la réputation de Zorro et de son expertise en maniement de l'épée mais il n'en est rien. le réalisateur n'a pas oublié ce que les cinéphiles attendaient de ce film. Un vrai Zorro qui taquine ses ennemis, qui les emmerde et qui les espionne. Ce Zorro est bien là et se manifeste suffisamment assez pour satisfaire et donner du plaisir aux cinéphiles.
On compte un bon lot de scènes d'action avec une chorégraphie sublime de mouvements d'épées ou autres coups. Les lames se croisent en émettant des bruits de croisement de lames étincelants pour faire preuve de réalisme. Coups d'épée, esquives, acrobaties, coups de poing, coups de pied, tout s'enchaîne sans accroc. Du vrai travail de pro. Avec quelques surprises comme le duel inoubliable et romantique entre Zorro et la fougueuse Elena dans une écurie. Sans compter des scènes nous enchantant jovialement comme la danse sensuelle avec ces deux derniers. Tout est rythmé à la perfection sans voir une seule scène inutile. Tout est fait pour nous charmer. Y compris les décors et les costumes qui nous font bien renter dans le milieu hispanique de la Californie pendant l'année 1821. La bande de son est particulièrement magistrale et accompagnée de sons provoquant d'une manière surprenante des sensations. Comme Goldeneye, Martin Campbell a monté une œuvre inoubliable en dépoussiérant un autre personnage mythique. Un long-métrage qui mérite bien son succès. 9/10
Je crois que mon cheval mènerait cette armée mieux que vous.