Le Mataf, réalisé par Serge Leroy, aligne pourtant de beaux noms : Michel Constantin en dur à cuire, Adolfo Celi en présence imposante, entourés de visages familiers comme Annie Cordy. Sur le papier, ça sent le bon polar des années 70. À l’écran… beaucoup moins.
Le film démarre pourtant bien, avec une intrigue qui accroche. On pense entrer dans une enquête solide, un peu trouble, avec ce qu’il faut de mystère. Mais très vite, le scénario montre ses limites : l’histoire est simpliste, les rebondissements sont prévisibles et certaines incohérences finissent par casser l’intérêt. On a l’impression que le film promet quelque chose… sans jamais vraiment le développer.
Côté mise en scène, Serge Leroy reste étonnamment plat. Le découpage manque de rythme, les scènes s’étirent inutilement, et le montage ne crée jamais de vraie tension. Résultat : un film lent, presque engourdi, qui peine à maintenir l’attention.
Les acteurs, eux, font le travail. Michel Constantin est fidèle à lui-même, sobre et efficace, tandis que Adolfo Celi apporte un peu de présence et de relief. Mais même eux ne peuvent pas sauver un ensemble aussi bancal.
La musique, enfin, n’aide pas : trop présente, mal utilisée, elle finit par alourdir encore davantage un film déjà peu dynamique.
Au final, Le Mataf ressemble à un polar qu’on a déjà vu cent fois, sans jamais retrouver ce qui fait le sel du genre : tension, rythme et surprise. Dommage, parce qu’il y avait un vrai point de départ. Mais le film reste bloqué au stade de l’intention.
Serge Leroy était surtout reconnu pour ses polars sombres et efficaces dans les années 70, mais Le Mataf est souvent considéré comme l’un de ses films les plus faibles. Quant à Adolfo Celi, il tournait à l’époque énormément en Europe, acceptant parfois des rôles secondaires dans des productions françaises, ce qui explique sa présence un peu inattendue ici.