Le nouveau film de Michel Leclerc déploie, comme les précédents, la même petite musique du cinéaste, soit de la comédie sociale engagée politiquement, essayant de capter l'air du temps, et d'en rire avec douceur tout en disant des choses sur le monde. Ici c'est une flic (Léa Drucker) qui infiltre un mouvement féministe suspecté de défendre une femme ayant assassiné son mari. Alors qu'elle est sur le point d'être démasquée, elle invente un viol fictif pour détourner l'attention et accuse un pauvre type au hasard (Benjamin Lavernhe) qui se trouve être l'exact opposé du masculiniste. Cet homme gentil et inoffensif, totalement déconstruit, se retrouve accusé de viol de toutes parts (y compris les réseaux sociaux bien sûr) sans qu'il comprenne ce qui lui arrive. A force de vouloir mélanger trop de sujets dans l'air du temps, de tous les traiter à la même hauteur sans rien hiérarchiser et de tout prendre à la légère, Leclerc se prend totalement les pieds dans le tapis et livre un film totalement fade et factice, semblant plus opportuniste qu'autre chose. Plus grave, et même si cela me semble involontaire, parce que le film semble trop vite écrit et qu'il manque de réflexion profonde, par manque de moyens mais surtout par manque de travail, il finit par dire le contraire de ce qu'il souhaite dénoncer, ce qui est parfois problématique.