C'est l'époque où Mocky tourne des films fauchés et très médiocres. "Le mentor" ne manque pas seulement de moyens financiers mais aussi d'inspiration et d'application.
Mocky joue lui-même ce vieux type Ludovic tout juste devenu SDF et qui, bien que complètement démuni, décide de prendre une jeune femme sous son aile, de lui trouver un emploi et un bon mari, d'être son mentor. Ce qui est bien prétentieux de la part de Mocky et de son personnage car le sujet, qui pourrait être celui de la transmission (d'une certaine pensée antisociale), est insignifiant, trop peu réfléchi et trop brouillon. Cela dit, je me suis longtemps demandé où voulait en venir le cinéaste avec sa succession de petites combines roublardes -aussi irréalistes que mal jouées- pour subsister dans la rue.
Il tourne, avec des acteurs de fortune mal dirigés, des scènes où ne passe rien de ses incongruités et de sa verve satiriques d'antan; le moindre décor fait l'affaire, avec ou sans éclairage.
Le réalisateur radote son mépris de la société et des carcans de tous genres à l'oreille d'Annette, sa jeune protégée sous le charme (jolie et c'est à peu près tout). Mais le propos ne porte plus. Il radote aussi, tout au long du film, avec dépit, sa virilité qui fiche le camp...et se console tout de même, grâce au scénariste Mocky, qui offre, pour finir, au décati Ludovic un dernier feu de joie avec sa disciple !