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SuivreCombat de suspects
Deux meurtres de femme sont commis à peu de temps de distance et dans les mêmes circonstances. Leurs maris respectifs sont soupçonnés par la Police. En 1963, Autant-Lara est au creux de la (nouvelle)...
Claude Autant-Lara fait partie des réalisateurs qui ont marqué le cinéma français d'après-guerre avec des films comme "Le Diable au corps", "La Traversée de Paris" ou "En cas de malheur".
En 1963, il réunit autour de lui une impressionnante équipe pour "Le Meurtrier" : un roman de Patricia Highsmith, l'écrivaine américaine dont les œuvres inspireront notamment "Plein Soleil" puis, bien plus tard, "The Talented Mr Ripley", un scénario signé par Jean Aurenche et Pierre Bost, scénaristes de nombreux classiques français, et une distribution de premier ordre. En frôlant le million d'entrées lors de sa sortie, le film avait d'ailleurs trouvé son public.
L'histoire débute par un assassinat commis sur une route de la Côte d'Azur. Quelques mois plus tard, une seconde femme est retrouvée morte. Alors que les deux affaires paraissent sans lien, un architecte interprété par Maurice Ronet se retrouve pris dans un enchaînement de circonstances qui fait de lui le suspect idéal. Dès lors, l'inspecteur Corby, incarné par Robert Hossein, tente de démêler une affaire où les apparences se révèlent constamment trompeuses.
Ce qui séduit d'abord, c'est la construction du récit. Sans jamais perdre le spectateur, Claude Autant-Lara entretient le suspense avec beaucoup d'habileté. Chaque révélation ouvre une nouvelle piste, chaque décision des personnages les entraîne un peu plus dans un engrenage dont ils semblent incapables de sortir. Même si les toutes dernières minutes invitent parfois à suspendre légèrement son incrédulité, la mécanique demeure suffisamment solide pour maintenir l'intérêt jusqu'au bout.
Maurice Ronet domine le film avec beaucoup de justesse. Son personnage, dépassé par ses propres mensonges, inspire autant la compassion que l'inquiétude. À ses côtés, Robert Hossein apporte toute la sobriété nécessaire à son enquêteur, tandis que Gert Fröbe - futur Goldfinger face à James Bond - impressionne dans un rôle inquiétant à souhait. Marina Vlady, Yvonne Furneaux, Paulette Dubost, Laurence Badie ou encore Jacques Monod complètent une bien belle distribution.
Le superbe noir et blanc met admirablement en valeur la Côte d'Azur, des villas aux routes sinueuses en passant par les jardins et les librairies. Les décors de Max Douy et la photographie de Jacques Natteau contribuent eux aussi à installer une atmosphère élégante, qui accompagne parfaitement cette intrigue psychologique.
Sans figurer parmi les titres les plus célèbres de Claude Autant-Lara, "Le Meurtrier" rappelle combien le polar français des années 1960 savait conjuguer intelligence, tension et qualité d'interprétation. Une œuvre captivante, servie par une distribution remarquable, qui mérite amplement d'être remise en lumière.
P.-S. : L'édition DVD de Coin de Mire Cinéma constitue un vrai bonheur pour les amoureux du cinéma classique. En plus d'une restauration de grande qualité, elle permet de retrouver les actualités, les bandes-annonces et les publicités projetées dans les salles à l'époque. Une excellente manière de retrouver l'ambiance d'une séance de cinéma des années 1960.
Créée
le 6 août 2026
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