En filmant dans Téhéran une petite fille qui, en sortant de l'école, n'a pas trouvé sa mère, et dédide de rentrer seule chez elle sans connaitre son adresse, on pense que le cinéaste veut montrer dans le miroir de ses yeux la société iranienne au quotidien.
Bon. Il filme dans des conditions difficiles. Bon. Mais la voix de cette petite fille est insupportable, aiguë, exigeante. Au milieu du tournage, dans un autobus, elle décide d'arrêter de participer au film. Elle refuse de donner ses raisons, et décide de rentrer chez elle seule (ça fait trop vrai pour ne pas l'être, même si..)..Comme elle a gardé son micro, le metteur en scène décide de la suivre à distance: dans l'enfer de la circulation du centre de Téhéran, ça paraît insensé; ça continue donc jusqu'à ce qu'elle arrive à trouver le chemin (elle ne manque pas de caractère..). C'est lourd, lourd, lourd, long, long, long.
En dehors d'un joli échange de regard entre deux fiancés séparés dans l'autobus (les hommes à l'avant, les femmes à l'arrière), pas grand chose ne me restera sinon un profond ennui (je ne doutais guère avant de voir ce film que la vie quotidienne à Téhéran, et notamment celle des femmes, ait quoi que ce soit d'attirant).
J'espère que Jafar Panahi, aujourd'hui exilé mais couvert d'honneurs, pourra tourner un vrai film, avec un vrai scénario, pour nous donner à voir son talent de cinéaste dans des conditions normales.