Le professeur Karas est un parangon de vertu et de décence. Jusqu'à ce que sa fille illégitime décide de s'immiscer dans sa vie bien rangée. Pendant trente ans Martin Fric a incarné le meilleur du cinéma tchécoslovaque avant l'apparition de la nouvelle vague. Le film, que d'aucuns jugeront sans doute désuet, n'est pourtant pas loin de valoir certains Lubitsch ou Guitry. Une impression de théâtre filmé, parfois, dynamisé par un joli sens du rythme et une écriture de comédie qui épingle au passage l'hypocrisie de certains bien pensants. Dans le contexte de la crise économique qui sévissait alors en Tchécoslovaquie, sans parler des menaces d'annexion nazie, le film avait pour but premier de divertir et il y réussit même aujourd'hui. Qui plus est, avec la patine du temps, il est devenu un petit trésor du patrimoine cinématographique tchèque.