Ce portrait du président chinois ne dure que 50 mn mais permet de mieux cerner un des dirigeants les plus puissants de monde actuel. Il garde à la fin sa part de mystère et de sa complexité, étant (comme Poutine) un grand expert dans le mensonge et la manipulation. Il est n°1 inamovible du plus grand parti communiste du monde et président à vie depuis la modification de la constitution en 2018. Pour le comprendre, il faut remonter dans son passé, celui d’un « prince rouge », fils d’un haut cadre du PCC et proche de Mao. Il a donc été élevé parmi l’élite communiste et la loyauté absolue au Parti (certains intervenants le comparent à une entrée en religion) puisque "le communisme est la seule vérité". Dès 1962, son père est accusé de « complot anti Parti ». Devenu un traître, il dénonce son propre père en public puis Xi est exilé pendant la Révolution culturelle dans un camp de travail forcé, marqué comme « ennemi du peuple », il est un paria et subit des mauvais traitements. Pourtant, l’héritage de Mao est profondément ancré en lui et il a depuis la volonté de réparer les « fautes » de son père en prenant Mao pour modèle. Certains parlent à ce propos de « syndrome de Stockholm » comme une victime qui aurait adopté la manière de penser de ses ravisseurs. A 22 ans, libre, il veut faire carrière dans le PCC, depuis le bas de l’échelle et en province. Sa carrière nationale peut commencer après 1979, quand son père est réhabilité par Deng Xiaoping. Xi Jinping a épousé une chanteuse célèbre qui devient sa conseillère en communication. Il développe une image libérale et modérée dans les années 2000 jusqu’à son élection à la tête du PC en 2012.
Son pouvoir devient à partir de là de plus en plus autoritaire et personnel. Dès 2013, il dénonce les valeurs libérales, la démocratie occidentale. Il développe alors son discours du « rêve chinois », celui d’une Chine devenant la 1ère puissance mondiale d’ici 2049. Pour cela, il souhaite renouer avec la puissance de la Chine impériale (comme Poutine veut retrouver l’héritage de la Russie des Tsars et de l’URSS aussi). « Les agressions historiques de l’Occident contre la Chine » doivent sans cesse être rappelées. Pour affermir son pouvoir, le président chinois va user de différents moyens. Ils sont avant tout économiques avec la mise en place de « Nouvelles routes de la soie », des routes terrestres et maritimes dont le but est d’accélérer les échanges commerciaux et vendre des produits chinois pour soutenir la croissance. Tout cela, bien sûr, pour « le bonheur de l’humanité » dans les discours officiels, ces accords commerciaux étant présentés comme « gagnant-gagnant ». En réalité, les pays qui les signent se retrouvent sous la dépendance chinoise et les pressions qui les accompagnent. Le Sri Lanka ne pouvant rembourser les dettes qu’il avait à l’égard de la Chine a perdu le contrôle de ses activités portuaires. En Europe, c’est la Grèce qui se retrouve soumise économiquement. A tel point que la Chine contrôlait en 2018 un port européen sur 10…Ce pouvoir économique immense a bien entendu des conséquences politiques, on le voit dans des pays comme la Hongrie, la Serbie ou bien la Grèce, l’Australie ou la Nouvelle Zélande : il implique qu’aucune critique ne soit faite sur le régime chinois, les droits de l’homme sont systématiquement oubliés et le droit international bafoué.
Ce pouvoir est enfin militaire avec l’inauguration de la base militaire chinoise de Djibouti, la 1ère hors du pays. La Chine s’implante dans de nombreux pays africains en vantant le « droit au développement économique », s’accommodant des régimes dictatoriaux et n’hésitant, si ça ne suffit pas, à utiliser la manière forte, la politique du fait accompli devant la communauté internationale, par exemple en mer de Chine méridionale où elle revendique la totalité de la souveraineté sur les îles Spratley, au détriment des autres pays voisins, ce qui entraîne des tensions fortes. Au final, l’évolution politique de la Chine et son influence sont de plus en plus inquiétantes. On peut qualifier ce régime aujourd’hui de totalitaire puisque les médias y sont strictement contrôlés ainsi que les réseaux sociaux, la vidéosurveillance y est omniprésente, les opposant(e)s éliminé(e)s (disparaissant du jour au lendemain sans qu’on sache précisément où…) et un « crédit social » est instauré : chacun(e) disposant d’un nombre de points au départ qui peut augmenter ou diminuer en fonction de ses actions. Le nombre de points dont vous disposez vous donne (ou vous enlève) certains avantages comme celui d’avoir le droit de voyager à l’étranger. Documentaire qui permet de mieux comprendre la Chine dans le monde du XXIe siècle et le rôle de son dirigeant.