Du bon et du moins bon dans ce drame sous grosse influence de la Terre tremble que je voulais voir depuis pas mal d'années, notamment pour la présence de Fellini au scénario.
Premier gros point noir : l’interprétation est pénible de vociférations, de cabotinages et de gesticulations outrancières. Ca en devient strident dès que la famille des meunier est à l'image, surtout le fiston avec son jeu sous amphétamine grimaçant.
Ensuite, contrairement au film de Visconti, le scénario est loin d'avoir la même justesse, la même intégrité et sincérité. Son ancrage social semble presque être un argument publicitaire. D'ailleurs, la dimension néo-réaliste disparait tout simplement du dernier acte qui n'est plus qu'une histoire de vengeance mélodramatique.
De quoi gâcher un postulat assez riche qui brassait beaucoup de sujets et devait permettre de dresser un portrait nuancé et non manichéen de l'époque entre injustice sociale, début des luttes politiques, conservatisme (pour ne pas dire obscurantisme), manque de mixité entre les différentes corps de métiers, place de l'église, première "suffragette" etc...
C'est d'autant plus rageant que visuellement, Lattuada se surpasse et offre une succession de plans tous plus inspirés les uns que les autres avec une photographie de toute beauté. Certains moments sont d'une beauté quasi Fordienne quand d'autres sont d'une force picturale remarquable comme lorsque les femmes font face aux soldats venus faucher les blés à la place des grévistes.
Mais on ne ressent que très rarement une adéquation entre le fond et la forme qui sont traités comme deux choses distinctes.