Co-réalisé par l'actrice principale du film, Maryam Moghadam, le Pardon met en avant l'un des pires drames humain que l'on connaisse à ce jour: celui de la peine capitale. Un drame est d'autant plus bouleversant lorsque la justice revient sur sa décision à postériori. C'est cette situation éploré qui constitue le coeur de ce film issue d'une production franco-iranienne.
Le film s'attache à montrer la difficulté que d'être veuve en Iran, à charge d'une enfant - en situation d'handicap. Une situation lourde financièrement et socialement qui met d'autant plus en avant l'immense détresse psychologique que constitue la perte d'un mari. Apprenant que la décision de la justice concernant la peine capitale de son mari a été mauvaise, Mina se lance dans un combat à distance contre les bourreaux de son mari: les juges ayant envoyés son mari dans l'au-delà.
Les proches de Mina et les représentants de la justice iranienne invoquent des arguments religieux pour qualifier cette erreur : si son mari est mort, c'était parce que c'était son heure. Cette conception fataliste de la justice ne peut convenir à Mina qui n'en démord pas dans sa volonté d'obtenir réparation et excuses.
Tout au long du film on retrouve le fort sentiment de culpabilité des responsables de cette décision infortune : se faire pardonner c'est vital pour l'un des jurés, mais bien trop complexe pour que cela puisse se faire correctement. C'est tout l'enjeu principal de ce film émouvant qui nous rappelle que la justice punitive continue de tuer des innocents en 2020. Cela du fait d'une décision de justice prise par des juges sujets à réagir aux passions émotionnelles et à donner pleine confiance à un témoin qui se révèlera plus tard être le véritable criminel.
C'est entre autres pour cela que la peine capitale ne doit pas être: le propre d'une décision de justice est de n'être que la meilleure interprétation possible (et donc subjective et imparfaite) de la situation et des circonstances dans lesquelles s'est produit le délit ou le crime.