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Rideau
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le 31 mai 2016
Il aura fallu attendre 16 ans entre la deuxième partie et la troisième. À ce compte-là, il est probable que plus personne n’attendait quoi que ce soit. Surtout, cette suite n’était pas prévue au départ et en effet, la deuxième partie constitue une fin parfaite. La réelle motivation de tout ça ? L’argent dont Coppola a bien besoin après des années 1980 inégales. C’est d’ailleurs exactement la raison pour laquelle on ne retrouve pas Robert Duvall au générique.
Fin des années 1970. Michael Corleone est le maître incontesté de la pègre américaine. Enfin incontesté, c’est vite dit. Lui et ses capos sont victimes d’un attentat. Afin de poursuivre son investissement dans la charité et dans les activités légales et pour retrouver la trace du probable commanditaire de l’attaque, il se rend avec sa famille en Sicile. Pendant ce temps-là, son neveu prend de plus en plus d’importance dans l’organisation et le Vatican ne semble être qu’un nid de serpents.
Le parrain vieillissant, il ne reste que la succession. Michael se rappelle que l’argent n’achète ni le salut ni l’éternité. Sa santé fragile va l’obliger à penser à l’après : ce qui restera du nom, l’avenir de ses enfants, la suite de l’entreprise familiale. Ça, c’est l’intrigue de fond et elle se conclut comme attendu. L’autre intrigue est politico-financière et elle se déroule principalement en Italie. Le film emprunte à la réalité d’évènements contemporains pour nourrir son propos. Ainsi, on retrouve le scandale de la banque vaticane et la mort prématurée du pape à peine élu. Ici, ces évènements sont liés à l’aventure de Corleone et à ses intérêts. C’est par ailleurs une théorie qui a connu un certain succès à l’époque. Cette partie financière est plus ardue à comprendre et elle n’est pas la partie la plus intéressante du film. Non, ce qu’on retiendra, c’est le crescendo de tension menant irrémédiablement vers le drame. A ce titre, la dernière séquence, les 30 dernières minutes en fait, est un bijou de construction. On y verra une touche de palmienne (et donc hitchcockienne) certaine et c’est évidemment une grande qualité. Pour autant, on est pas dans la copie et là où de Palma aurait joué sur le point de vue et probablement le split-screen, Coppola propose une mise en scène empreinte d’un classicisme qui n’oublie jamais de mettre les personnages et les acteurs en avant. Réellement, ce passage vaut à lui seul le visionnage du film. Puisqu’on parle d’acteurs, on soulignera encore la qualité de la prestation de Pacino et la finesse féline d’Andy Garcia. Du côté de la musique, c’est la rupture dans la continuité puisque la partition de Nino Rota est diluée dans le travail de Coppola père. C’est nettement moins marquant, disons-le.
Conclusion de cette conclusion ? Le film est beaucoup moins percutant que les deux premières parties. Il se regarde davantage comme un thriller de plus du nouvel Hollywood que comme la saga épique familiale qu’il était. Au final, à ce titre, ce Parrain de 1990 est un étrange anachronisme. Reste qu’on ne pourra que le conseiller pour son interprétation, sa mise en scène sans faute et surtout sa longue conclusion ébouriffante.
>>> La scène qu’on retiendra ? Je l’ai pas encore assez dit ? C’est cette fabuleuse dernière longue séquence que diable !
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le 22 févr. 2026
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