"Caravan to Vaccarès" – 1974 de Geoffrey Reeve a frisé la création d'un genre : le "western camargais seventees" où les gitans font office de peaux-rouges mais jouent de la guitare au lieu de tirer à l'arc.
L'opus dégage un charme indéniable moins par la rigueur du scénario – qui présente des failles – ou par le jeu des acteurs de renom, que par son ambiance purement soixante-dix – pattes d'eph' et cols pelle-à-tarte en prime – qui colle impeccablement au kitch méditerranéen des Saintes-Maries-de-la-Mer, mais surtout par le potentiel de ce far-west à la française hélas sous-exploité.
Servi par une distribution de choix, l'opus aurait pu prendre une réelle dimension cinématographique avec plus de punch dans la mise en scène, à l'image de ce que porte en germe les séquence du "ranch" ou de l'attaque du camp manouche par les gardians.
Charlotte Rampling est au sommet de sa beauté, Manitas de Plata et son neveux – l'ex-enfant sauvage truffaldien – ont des gueules magnifiques et auraient mérité mieux que de simples apparitions pittoresques. Lonsdale, toujours ambigu et précis, est à l'aise dans la langue de Shakespeare, ce qui est moins le cas pour Bozzuffi qui en devient complètement exotique.
Voilà un métrage qui fait rêver par ce qu'il n'a pas réussi à atteindre.