Très vite, on se sent happé par ce souffle romantique que cherche et trouve de merveilleuse manière Anthony Minghella. Au-delà de l'étincelante réussite technique (superbe photographie, reconstitution remarquable), il y a dans "Le Patient anglais" une grâce, une force, une intensité dont peu de films peuvent se vanter, encore plus aujourd'hui. C'est simple : ces 150 minutes passent comme 30 et l'on est bien triste de voir apparaitre le générique du fin. Mais ce qu'on apprécie le plus, c'est cette retenue, ce talent pour éviter le pathos, rendant ainsi l’œuvre encore plus émouvante, servie par des comédiens superbes (Juliette Binoche est lumineuse). Enfin, et c'était là un des points essentiels : Minghella montre une incroyable habileté à naviguer entre les deux époques, rendant ainsi ces "deux histoires dans la grande" aussi passionnantes et magnifiques l'une que l'autre, renforcées par d'incroyables moments de poésie. Bref, il est peu dire que la réussite est éblouissante, une merveilleuse fresque amoureuse vous restant à jamais dans le cœur.