Michel Rayan,un prof d'université qui s'était enfui en Indonésie suite à ses actions violentes perpétrées lors des évènements de mai 68,revient clandestinement en France après dix ans d'exil.A peine revenu,il apprend qu'un de ses anciens élèves et disciples vient d'être abattu par un policier lors du cambriolage d'un ministère.Il rencontre la copine du défunt,une jeune pasionaria excitée qui veut poursuivre la lutte contre les exactions du grand capital,et tente de l'en dissuader car il est revenu de ce genre de trucs.Mais c'est l'inverse qui se produit,la fille l'entraînant dans une longue course-poursuite avec les séides du Pouvoir.Le titre de ce Jean-Pierre Mocky est bien trouvé car le piège à cons,c'est le film lui-même.Malgré la présence au scénario et aux dialogues de Jacques Dreux,l'excellent auteur de "A mort l'arbitre!",on n'a droit qu'à une oeuvre rasoir et débile qui suinte la merde par tous les bouts.Rien qui fonctionne dans ce pensum atterrant qui traîne sa misère à coups de poursuites nazes et de gags stupides.D'ailleurs le récit ne trouve jamais un ton équilibré entre la réflexion idéologique et la farce grotesque.Tout est nul ici,avec des scènes d'action asthmatiques totalement ridicules,un humour pesant qui ne fait pas rire,une musique tintamarresque et un discours politique shooté au romantisme révolutionnaire de bac à sable qu'on jurerait écrit par des ados demeurés qui se branlent dans leur chambre devant des posters de Che Guevara.Mocky tente un début original avec son ex anar qui se positionne en vieux sage.Le mec a compris que les luttes armées et le terrorisme n'aboutissent à rien parce que le problème n'est pas le Système mais l'Homme.De fait on peut mettre en place toutes les politiques qu'on veut,ceux qui sont au sommet de la hiérarchie,quels qu'ils soient,s'arrangeront toujours pour niquer ceux d'en-dessous.Le postulat est donc plutôt intelligent mais la réflexion va s'arrêter là puisque notre repenti va très vite renouer avec ses vieux réflexes sous l'influence d'une jeune décérébrée.S'ensuivent de désolantes séquences qui voient notre duo d'anars en peau de lapin mettre la misère à tout un tas de sbires et de reitres parfaitement incapables de le neutraliser,au fil de rebondissements d'une remarquable crétinerie.La mécanique est du reste complètement schizo vu que ces soi-disant redoutables méchants sont inefficaces au possible et passent leur temps à se faire rouler comme des brêles,ce qui annule tout effet du danger qu'ils sont censés représenter.L'absurdité règne avec ces lieux sensibles pas surveillés,cette lenteur de réaction des affreux ou ces heureux hasards qui sauvent ponctuellement les fuyards.On a aussi parlé d'un film visionnaire,ce qui est plus qu'excessif.On voit partout des manifs avec des gens qui réclament les 35 heures.Ils seront exaucés peu après par la mère Aubry,avec les brillants résultats que l'on sait,et il ne fallait pas être grand clerc pour anticiper en ces années giscardiennes finissantes l'avènement de la Gauche au pouvoir et les 14 piges de Mitterrand qui iront avec et donneront également des résultats si bénéfiques que l'on s'en félicite encore aujourd'hui.Jouer faux au maximum semble être le mot d'ordre du film,avec un Mocky qui donne l'exemple en anarchiste de pacotille.Son duo en cavale avec la très mignonne Catherine Leprince,atrocement fausse elle aussi,rappelle d'autres films du réalisateur,comme celui qu'il formait avec Marion Game dans "L'albatros" ou avec Marie-José Nat dans "Litan",JP ne se faisant pas faute de rendre à chaque fois ses jolies actrices amoureuses de son irrésistible personnage.Un Jacques Legras à contre-emploi campe solidement un flic désabusé qui compte les points.Sinon,on voit passer les habituelles figures pittoresques qu'aimait à employer le cinéaste,Gérard Hoffmann en barbouze de choc,Michel Francini en député pourri,Dominique Zardi en syndicaliste des PTT gueulard et anti-flic,et puis Pierre Gualdi,un des frères Robinhoude de "La bourse et la vie",Jean-René Gossart,le caresseur dans "Et la tendresse,bordel!",Sophie Moyse qui se dépoitraille dans un fourgon de police,Pierre-Marcel Ondher,Jean Abeillé,Georges Lucas,Henri Attal,Antoine Mayor,Luc Delhumeau,Katia Romanoff ou Youri Radionow.Des lieux emblématiques des seventies sont visités,la Foire de Paris,l'aérodrome de Toussus-le -Noble ou le port de Dieppe,tandis qu'un des assistants de Mocky est Lam Le,un vietnamien qui s'illustrera en 83 en réalisant "Poussière d'empire".Notes et critiques de films de Jean-Pierre Mocky publiées précédemment:voir critique "Litan".Nouvelle moyenne:3,8.