Walker accepte d’accompagner son ami Reese dans la prison désaffectée d'Alcatraz afin d’y récupérer un magot de 93 000 $. Seulement rien ne va se passer comme prévu, une fois le butin en poche, Reese abat Walker, sauf que ce dernier n’est pas mort et compte bien récupérer sa part du butin…
Pour son second long-métrage (le premier sur le sol américain), John Boorman (Délivrance - 1972) adapte le roman "Comme une fleur" de Donald Westlake et nous restitue un polar fortement influencé par la Nouvelle Vague. La mise en scène est complètement déconstruite, de même que la linéarité du récit. Si bien que d’entrée de jeu, on semble un peu perdu, on ne parvient pas à comprendre de quoi il en retourne, ni où l’action se situe. Mais c’est pour mieux recoller les morceaux par la suite. De même, les dialogues se font rares et il faudra attendre une bonne demi-heure pour que le film entre réellement dans le vif du sujet et ne relâche jamais la pression.
John Boorman a réalisé ici un polar qui révolutionna le genre à sa sortie et ne passa pas inaperçu. Les effets de mise en scène (un travelling arrière avec le mixage en décalé) jusqu’au choix des couleurs (alternant les plans bichromes ou monochromes), renforcent sa singularité. Il en résulte un polar déroutant et particulièrement nihiliste, sublimé par la présence d’un très beau duo en la personne de Lee Marvin & Angie Dickinson.
30ans plus tard, un remake verra le jour (Payback - 1999), réalisé par Brian Helgeland et interprété par Mel Gibson.
(critique rédigée en 2011, réactualisée en 2023)
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