Point Blank, Le Point de Non Retour, de l'anglais John Boorman en 1967, fut un des meilleurs polars de ces années là et peut-être de tous les temps, avec une prestation de Lee Marvin incomparable, d'autant plus qu'elle rendait crédible l'acharnement du gangster, après avoir été trompé et laissé pour mort par sa compagne et son meilleur ami, à récupérer son bien relativement minuscule, y compris contre une mafia tentaculaire.
Les péripéties captivantes, tirées au cordeau, mais avec un côté encore plus dur et sans états d'âme du héros, on les retrouvera dans la BD "Parker" Tome 1 "Le Chasseur" de l'auteur Richard Stark (Donald Westlake) et Darwin Cooke, dessinateur génial (d'après le livre The Hunter).
Le remake Payback de 1999 réalisé par Brian Helgerland semblait faible à côté, et le director's cut Payback : Straight Up de 2007, nouveau montage du même film, meilleur, effaçait la composante morale du personnage, forte dans la version de Boorman (et le côté sombre de la première version de Helgerland).
A la différence du personnage de Lee Marvin, celui joué par Mel Gibson semble surtout entêté, presque demeuré, d'une violence de psychopathe, même pas motivé par la vengeance, juste par la réclamation obstinée d'une somme dérisoire qui ne permettrait pas à un des trois mafieux du sommet de payer ses godasses. Toutefois, ce film devient plaisant quand il tourne au "comics" avec des scènes rigolotes et hautes en couleur de baston, de poursuite et de flingage, tandis qu'on joue de bons tours aux plus méchants de l'histoire.
On y remarquera au moins un hommage au Point Blank de Boorman : l'ouverture du film, sur un fond bleu, par la marche de Mel Gibson dont on entend résonner les pas sur un pont métallique.
C'est un écho de l'époustouflante marche de Lee Marvin dans un tunnel qui exposait de maniere saisissante, visuelle et sonore, la détermination du personnage de Point Blank.
La différence de ton est qu'on pressent que Marvin marche ainsi pour affronter le monde des puissants, poussé par une colère incandescente, alors que la marche de Gibson finit par le vol d'une escarcelle arrachée à un mendiant.