Week end perdu, (noyé dans l'alcool)

Le film de B Willer met en image le piège de l'alcool et la dépendance absolue qui s'installe, et les conséquence sur la vie de l'homme.

On ne peux nier que le message porté par le film correspondait à la tendance bien pensante post prohibition de l'époque. On le comprend tout particulièrement lorsque l'on visionne le film en 2025, à travers la présentation qui est faite du delirium tremens qui ici est poussée à la caricature et des maisons de désintoxications qui sont présentées de telle manière que l'on n'a vraiment pas envie d'y aller. Les infirmiers sont vicieux, l'environnement tout ce qu'il y a de carcéral et les délires des pensionnaires particulièrement effrayants.

Dans ce cadre, je m'autorise une petite digression, on peut même avancer que le titre français (le Poison) enfonce encore le clou, par rapport au titre original anglais (The lost week end), et que cette fausse traduction n'était pas forcément des plus judicieuse.


Très belle prestation de Ray Milland dans ce film. Il est malgré tout très crédible et est habité par son rôle, ses doutes, ses rêves et la réalité dont il a bien conscience.

Jane Wyman est vraiment et également parfaite dans son role : elle croit en l'issue, elle a foi en l'avenir et les possibilités de sauver son homme.

Les second roles sont également très bien mis en valeurs et servent parfaitement le propos.


Comme souvent avec les films en N&B, les éclairages et les ombres participent pleinement à la mise en place de l'atmosphere et servent la séquence. Un exemple, les bouteilles de Whisky sont en général les plus lumineuses dans les pièces, comme un aimant du regard délirant de Don. Le plan de la bouteille cachée dans le plafonnier et que Don cherche frénétiquement depuis un moment, en détruisant littéralement l'appartement de son frère à sa recherche, est vraiment parfaite. Le suspense est très bien construit et l'éclairage est sublime, dessinant la bouteille et son liquide tant désiré, au plafond.

La musique (qui peut être sentie comme un peu trop pompeuse pour les standards d'aujourd'hui) scande et met en musique parfaitement les délires alcooliques, et ses rares moments de joie et de rêves (sequence de fin)


Bref, du très bel ouvrage.

Un beau film, sur le plan des acteurs, de la mise en scene, de la construction et son montage.

Pour le message sous tendu (la morale?), chacun est libre d'y adhérer ou le réfuter avec toute la palette des intermédiaires. Ce n'est pas mon propos ici.

IRAn
7
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le 20 mai 2025

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IRAn

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