Avec parfois des allures de téléfilm, mais de qualité tout de même (genre pour France 2, pas TF1), le film repose essentiellement sur les qualités d'interprétation de son acteur principal, Roschdy Zem. Dire une nouvelle fois qu'il est formidable pourrait sembler redondant et peu original mais il faut reconnaître à l'acteur son extraordinaire capacité à rentrer dans la peau de tous les personnages qui lui sont confiés depuis maintenant quelques années, et notamment depuis son César pour Roubaix, une lumière.
Il campe ici un Principal Adjoint tout à fait crédible, évoluant dans un monde de l'enseignement représenté avec justesse, sans trop de caricature. Les seconds rôles portés par Marina Hands et Yolande Moreau, toutes deux césarisées également, sont très réussis.Le plus gros point faible du film est son scénario. Il y a en effet quelque chose qui ne fonctionne pas dans le principal enjeu narratif : pourquoi ce père prendrait-il autant de risques pour aider son fils, reconnu bon élève par tous, avec une orientation dans un lycée international pour l'année suivante, à obtenir le diplôme national du Brevet, que l'on sait tous absolument inutile ?
Se posent peut être alors les questions du regard des autres, de l'honneur et de la fierté pour cet homme ? Le film prendrait alors une toute autre dimension en interrogeant sur la pression sociale lié à un statut...
Il parvient d'ailleurs à très bien faire ressentir, jusqu'à son dernier plan, la solitude du personnage et l'isolement, voulu ou non, que son métier a provoqué. Tenu à distance par son enfant, son ex compagne et les professeurs de son établissement, c'est finalement à un immense besoin d'amour et de reconnaissance que semblent renvoyer toutes ses actions.
Pas le film de l'année, mais j'ai tout de même passé un bon moment, grâce notamment à une mise en scène soignée et de très bonnes interprétations.