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le 6 sept. 2014
SuivreThe Long Goodbye
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J'ai tenté de redonner une chance à ce polar qui m'avait déçu lors de 2 anciens visionnages, mais rien n'y fait, ce film me désespère et m'ennuie profondément parce qu'à la base, je suis un fan de Chandler et de son ton cynique de romancier noir. Je peux même dire que cet ultime revisio m'a définitivement ennuyé, ça a été pire que les autres fois, du coup, je baisse ma note de 2 points. Et le pire c'est que je n'arrive pas à comprendre pourquoi ce film est autant apprécié, les notes ici sur SC, ça ne m'étonne qu'à moitié vu la réputation élitiste du site, oscillent entre des 8 et des 10, c'est parfaitement incompréhensible, surfait et inadapté, en tout cas pour moi bien évidemment, je n'empêche personne d'aimer ce film.
C'est dommage parce qu'en 1973, le Privé, adapté du roman de Raymond Chandler "Sur un air de Navaja" (the Long goodbye) publié en 1953, marquait le retour à l'écran de Philip Marlowe, son private eye emblématique de la littérature policière américaine, le dernier en date remontant à 1969 avec James Garner qui l'avait incarné dans la Valse des truands, film dont j'ai d'ailleurs fait la critique, et qui m'avait bien emballé. Même si Bogart reste pour les cinéphiles le plus prestigieux interprète du rôle dans le Grand sommeil.
Le Privé a provoqué une véritable polémique aux Etats-Unis et en France, les amateurs de Chandler n'y reconnaissant pas leur héros favori. Pourtant, ce barouf n'est pas venu des "chandlerophiles" mais des défenseurs d'Altman qui jugeant leur dieu intouchable, ont dressé un procès d'intention en érigeant les fans de Chandler comme des emmerdeurs ; selon eux, Altman avait mieux compris Chandler qu'eux tous réunis. Et c'est là que ça ne va pas, car monsieur Altman on le sait, a toujours cassé les mythes quels qu'ils soient, il s'est attaqué à Marlowe comme il avait fait aux autres genres qu'il a traité, avec une volonté de démystification, il suffit de se rappeler ce qu'il a fait au film de guerre avec M.A.S.H. et comment il a désacralisé le western avec John McCabe, ces 2 genres majeurs du cinéma américain ont pris de sacrées claques dans la gueule.
Or ici, il pervertit et détourne complètement les codes du film noir, j'ai su qu'il n'avait même pas lu le roman en entier et qu'il n'avait pas tellement tenu compte du personnage de Marlowe, c'est pourquoi, malgré son costume et sa cravate, il a l'allure d'un paumé, d'un loser qui passe plus de temps à chercher son chat qu'à résoudre une enquête. Une enquête qui n'est absolument pas passionnante à suivre, le film n'est d'ailleurs pas du tout fidèle à l'esprit du roman dont il s'inspire, des personnages ont été supprimés, d'autres inventés, et leurs motivations sont très différentes. Et Marlowe est presque rabaissé au niveau d'un Mike Hammer en faisant justice lui-même. Dans les romans, non seulement Marlowe ne tue pas, mais il se fout le plus souvent de s'être fait embobiner.
Le film est très bavard, certaines scènes sont trop longues et inintéressantes ou n'ont aucune signification, ce qui ne fait pas avancer une intrigue qui prend plaisir à se complexifier inutilement, le tout est brouillon, plus j'avançais, moins je comprenais où ça voulait aller, et à cela s'ajoutent des personnages secondaires qui manquent cruellement de profondeur. Tout ceci m'a empêché de rentrer complètement dans ce film qui pourtant démarrait bien jusqu'à ce que Marlowe soit emmené au poste de police pour être interrogé, après, ça commence à partir en vrille totale.
Le film semblait intéressant comme variation sur le personnage, mais il l'a au contraire bousillé, c'est du je m'enfoutisme total. En fait, la bonne réputation de ce film vient du fait qu'Altman soit prisé par la critique, faisant partie d'une sorte d'élite et d'un certain cinéma indépendant qui refuse les conventions hollywoodiennes. Le public, ou du moins une partie du public, est tombé aussi dans ce panneau, piège tendu par une escouade de critiques intellos qui lui disent ce qui est bien et ce qu'il faut apprécier.
Moi, je ne rentre pas dans ce système, et pourtant j'apprécie certains films d'Altman, mais ici non, je ne peux accepter un tel traitement et un film aussi ennuyeux, malgré la bonne performance d'Elliott Gould, et c'est bizarre parce que je suis moins sensible au traitement iconoclaste qu'il a fait subir au western, mon genre fétiche, qu'à cette démonstration où il a étrillé le polar chandlerien. Heureusement, deux ans plus tard, arrivera Adieu ma jolie, un autre néo-polar avec Marlowe qui lui, respectera les règles et le roman de Chandler.
A noter l'apparition d'un Arnold Schwarzenegger alors débutant dans un petit rôle muet de gros balaise au service d'un gangster.
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Créée
le 17 déc. 2025
Critique lue 174 fois
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