Curieux film que cette deuxième réalisation d’Alexandra Leclère. Sur le postulat d’une comédie acide ou vulgaire, le film glisse progressivement vers le drame pour éviter de sombrer dans la farce misogyne que certains pourtant y voient. Heureusement que c’est une femme à l’écriture et derrière la caméra cependant car, il faut en convenir, la femme en prend pour son grade. Décrite comme une personne intéressée ou illuminée tandis que monsieur, les pieds bien ancrés dans la terre, travaille pour entretenir bobonne, on ose imaginer les réactions si l’auteure (ou plutôt une « autrice » qui, grammaticalement, semble plus logique mais là n’est pas le sujet) avait été un auteur. Ce n’est de toute façon pas la première, ni la dernière fois, en atteste le pitch et le ton de Garde alternée, qu’Alexandra Leclère serpente autour de la ligne blanche.


Résumer le film à une charge contre la gente féminine est cependant une imposture intellectuelle, la réalisatrice se chargeant aussi d’arranger le portrait des hommes dont les motivations dans la vie se limitent au cul, au fric et à la réussite (et à gifler leur femme aussi à l’occasion). Autrement dit, ce Prix à payer paraît, de prime abord, se résumer à une avalanche de clichés mais, on ne parvient jamais à le savoir vraiment s'il s'agit d'un jeu autour des caricatures ou d'un jugement définitif sur les tares intrinsèques des uns et des autres. Le film n’apporte pas de réponse mais il ne conduit quasiment jamais ses personnages sur le chemin de la tendresse même s'il décrit fort justement leur solitude et leur ennui. C’est, à force, quelque peu dérangeant.


Tout n’est pas faux dans ce qu’on voit ici mais c’est profondément maladroit. On rit quelques fois mais la comédie n’est jamais franchement vacharde. Le passage au drame est plus juste mais ce changement de ton, pourtant très vite perceptible, conduit le récit dans une impasse. La conclusion montre que le film est plus intelligent qu’il n’y paraît mais, à sa vision, on en perd quelque peu son latin. On retiendra de cet étrange film au rythme pas toujours bien maîtrisé l’interprétation qui sauve également certaines scènes.

Créée

le 18 août 2021

Critique lue 466 fois

PIAS

Écrit par

Critique lue 466 fois

4
2

D'autres avis sur Le Prix à payer

Le Prix à payer

Le Prix à payer

1

JanosValuska

2964 critiques

Comment est votre daube ?

Dans Le prix à payer l’homme est un salaud pour qui Le cul semble être la seule chose qui compte, son unique salut. Dans Le prix à payer la femme ne travaille pas, elle passe ses journées à claquer...

le 10 déc. 2013

Le Prix à payer

Le Prix à payer

4

pierrick_D_

2673 critiques

Critique de Le Prix à payer par pierrick_D_

Conjugalité et prostitution.Jean-Pierre Ménard,richissime homme d'affaires,est excédé par son épouse Odile,une oisive qui se dérobe au devoir conjugal et passe ses journées à écumer les boutiques de...

le 22 juil. 2021

Le Prix à payer

Le Prix à payer

6

Val_Cancun

2673 critiques

Leclere contre le prix cher

Voilà un film, plutôt correct au demeurant, qui pâtit de son image "comédie franchouillarde", ce qu'il n'est pas (du tout) à mon avis. Certes, on a un casting de visages bien connus, comprenant une...

le 3 déc. 2017

Du même critique

Le père Noël est une ordure

Le père Noël est une ordure

9

Play-It-Again-Seb

1138 critiques

Du culte en haut de la cheminée

La comédie est un art difficile et ingrat. Quand elle est ratée ou même moyenne, elle est plus vilipendée que les autres genres, sous prétexte qu’elle est prétendument moins ambitieuse et qu’elle...

le 24 mars 2022

Astérix et le Griffon - Astérix, tome 39

Astérix et le Griffon - Astérix, tome 39

7

Play-It-Again-Seb

1138 critiques

Le retour de la griffe Goscinny-Uderzo

Depuis la reprise de la série par Ferry et Conrad, nos amis gaulois avaient une sacrée gueule de bois. La disparition de René Goscinny avait déjà très sérieusement entamé la qualité des albums même...

le 22 oct. 2021

Terreur aveugle

Terreur aveugle

8

Play-It-Again-Seb

1138 critiques

Bottes de cuir sans chapeau melon

Le sujet de la proie aveugle n’est pas entièrement nouveau puisqu’il a déjà été traité dans, notamment, Seule dans la nuit quelques années plus tôt. Le parti-pris de ce film écrit par Brian Clemens...

le 18 nov. 2022